Maroc et sport
Longtemps identifié pour sa richesse culturelle, le Maroc veut aussi faire du sport un levier majeur de développement touristique.
Le Maroc change de dimension. À l’occasion du récent forum du Seto (syndicat professionnel des voyagistes français) à Tétouan, Achraf Fayda, directeur général de l’Office National Marocain du Tourisme (ONMT), a esquissé une trajectoire claire. Après la relance post-Covid, place à une accélération qualitative. Et dans cette nouvelle phase, le sport s’impose comme un levier stratégique.
Le constat est sans appel. Si le Royaume a su capitaliser sur ses fondamentaux – culture, patrimoine, balnéaire et hospitalité -, son potentiel reste largement sous-exploité sur le terrain des activités sportives. Or, le marché évolue. Le voyageur, notamment français, ne se contente plus de contempler, il veut bouger, expérimenter. Et c’est précisément là que le Maroc a une carte majeure à jouer.
Du surf sur l’Atlantique aux treks dans l’Atlas, le pays offre une véritable palette d’expériences à quelques heures de vol. Mieux encore : certains spots de surf et de kite, comme Dakhla, comptent aujourd’hui parmi les meilleurs au monde, preuve d’un potentiel déjà reconnu mais encore insuffisamment valorisé.
Pour Office National Marocain du Tourisme, l’enjeu est désormais de structurer cette richesse. Avec pour objectif de passer d’un tourisme concentré sur quelques destinations à une logique élargie, articulée autour de « 10 destinations pour autant d’expériences, notamment sportives ». Une bascule stratégique qui vise autant à diversifier les flux qu’à encourager la revisite.
Car le véritable défi est là, faire revenir. Multiplier les séjours en proposant, à chaque fois, une nouvelle facette du Maroc. Et dans cette mécanique, le sport devient un formidable outil de fidélisation.
Derrière cette vision, l’ambition est assumée : atteindre, voire dépasser, les 10 millions de visiteurs français à l’horizon 2030 (contre 6 millions l’an dernier). Un cap qui peut sembler audacieux, mais que le Royaume considère à portée, notamment grâce à la proximité et aux liens privilégiés avec la France.
