Rififi en altitude

Alors que nos athlètes à Milan-Cortina vont pulvériser le record historique de médailles aux Jeux olympiques d’hiver, de gros nuages s’amoncellent au-dessus des Alpes. Entre départs, différends et dérives budgétaires, le comité d’organisation d’Alpes 2030 vacille.

L’été dernier, l’annonce des Jeux d’hiver dans les Alpes françaises avait ravivé l’enthousiasme et l’élan collectif. Héritière du succès populaire et logistique de Paris 2024, la candidature française se voulait exemplaire : sobre, ancrée dans les territoires, tournée vers la montagne de demain. Mais les premières fissures sont vite apparues dans ce tableau idyllique. Défections de cadres clés, divergences stratégiques entre élus et représentants sportifs, arbitrages budgétaires toujours flous, la mécanique s’enraye au moment même où elle devrait accélérer.

Ces fragilités rappellent combien l’organisation de Jeux olympiques est un exercice d’équilibriste. La promesse d’événements « verts », responsables et économiquement viables se heurte souvent à la réalité des attentes politiques et locales. Dans les Alpes, la question dépasse largement le sport. Elle touche au modèle même du tourisme montagnard, à l’adaptation aux dérèglements climatiques et à la répartition des bénéfices pour les territoires hôtes.

Face à ces défis, sous la présidence d’Edgar Grospiron, Alpes 2030 se doit de redevenir un projet de convergence et non un champ de tir entre personnes. Car au-delà des retombées économiques ou de l’image, c’est la crédibilité du pays en matière d’organisation durable d’événements majeurs qui se joue. Paris a montré la voie, aux Alpes de prouver qu’elles peuvent suivre la trace sans s’y perdre. Vite de l’ordre.

David Savary

Rédacteur en chef
Contact: david.savary@sport-et-tourisme.fr

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