Voyager est illégal

En déambulant sur les réseaux sociaux, je constate que pas mal de gens prennent  la poudre d’escampette et crient leur joie d’être en vacances. Au soleil. A l’autre bout du monde. Mais je rêve ou nous sommes toujours en confinement.

Nous n’allons par refaire le débat sur ce qui est essentiel et ce qui ne l’est pas. Enfin si, un p’tit peu. Jean-Pierre Mas, président des Entreprises du Voyage, syndicat regroupant la grande majorité des agences de voyages françaises, rappelait très récemment que « dans la vie fantasmée de nos gouvernants, le Loto et le Keno sont essentiels alors que les activités sportives pour les enfants ne le sont pas ». Il a raison, je n’ai toujours pas compris pourquoi on prive à ce point les gens de sport.

Très observateur, ce même responsable syndical soulignait aussi de la part du gouvernement le rôle essentiel du métro et l’interdiction dans le même temps de se rendre dans un aéroport pour prendre un avion. En résumé, nous pouvons nous sur-contaminer dans les transports en commun, mais nous ne pouvons pas partir en vacances et pratiquer au grand air notre sport favori dans des pays pourtant prêts à nous accueillir.

Mais cette interdiction, nombreux la bravent et s’en moquent. Sur Facebook, Instagram, les plus malins s’exhibent fièrement. Qui s’adonnant au kitesurf en République Dominicaine, qui pratiquant le golf à l’Ile Maurice, qui… Mais bon sang, nous sommes en période de confinement. Petit rappel à la loi : quitter son lieu de résidence n’est plus autorisé depuis le 30 octobre et jusqu’à nouvel ordre, sauf motif impérieux évidement.

Sous prétexte qu’il n’y a pas de contrôle aux aéroports, des audacieux partent à l’aventure. Le seul risque de se faire prendre par la patrouille est sur le trajet domicile aéroport. Une fois dans le terminal, plus rien à craindre. Il suffit d’avoir son test PCR quand celui-ci est nécessaire. Et moi qui me remémore sans cesse les consignes sanitaires : pas plus d’une heure par jour, limité à un kilomètre autour de chez soi.

Certes, chacun assume sa prise de risque. Mais je pense aussi aux agents de voyages, respectueux de la loi, et à qui on a demandé d’annuler les réservations du mois de novembre de leurs clients. Une catastrophe pour eux. Du coup des filous achètent leur vol sur Internet, prennent leur hôtel sur Booking, et hop à eux la liberté interdite. Non mais franchement. Vivement que l’on puisse re-faire du sport et voyager légalement. Tiens à propos d’essentiel ou de ne pas essentiel, me revient en mémoire ce proverbe tibétain, « le voyage est un retour vers l’essentiel ». A vous de juger.

David Savary

Rédacteur en chef
Contact: david.savary@sport-et-tourisme.fr

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