Jean-Pascal Barraque : « À Vancouver, les gens vous disent bonjour dans la rue lorsque vous les croisez »

Passionné de voyages et de montagne, le champion olympique de rugby à sept sur Paris 2024 revisite avec passion certains de ses périples.  

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Jean-Pascal Barraque est aujourd’hui considéré comme une véritable légende du rugby à sept. ©DR

Vous avez énormément voyagé. Quels endroits vous ont particulièrement marqué. Plutôt en France ou à l’étranger ?

À l’étranger, pour découvrir d’autres cultures. Cependant, on est également très bien en France. On y mange très bien et, dans notre pays, c’est vraiment divers et varié. On a l’habitude de vivre dans ces conditions-là. Néanmoins, c’est aussi chouette de voyager à l’étranger. On découvre de nouvelles architectures et d’autres façons de vivre. S’ouvrir au monde est une excellente chose.

Quels sont vos « spots » de prédilection en France ?

J’aime surtout le fait que les paysages soient aussi variés. La campagne se trouve à côté des villes. En France, on peut trouver l’océan et la montagne à seulement une heure de distance. J’adore particulièrement le ski et le snowboard. Quel bonheur quand la montagne est toute blanche de neige ! Nous sommes privilégiés, car nous avons tout sur place et c’est assez facile d’accès.

Et à l’étranger ?

J’ai adoré la ville de Sydney. Il y a là-bas de très beaux et immenses bâtiments. Nous avions en plus la chance d’avoir l’hôtel à côté de l’opéra. Le panorama donnait également sur le fleuve. C’était tout simplement magnifique.

J’ai aussi beaucoup aimé Singapour. Cette ville est incroyable. Chaque bâtiment possède une architecture remarquable. La ville est très propre. Il n’y a pas une saleté par terre. La loi y est très stricte à ce sujet et les gens sont très respectueux. Il n’y a pas de vols…

J’ai également beaucoup apprécié Vancouver. Même si on s’y rend souvent en hiver, à mes yeux c’est un « petit Sydney ». Les gens sont très sympathiques. Ils vous disent bonjour dans la rue lorsque vous les croisez.

Je ne suis allé qu’une fois à Wellington en Nouvelle-Zélande, mais j’ai adoré son très beau port. Hong Kong est aussi un superbe endroit pour faire la fête. On y remarque toutefois davantage la pauvreté.

J’ai la chance d’avoir des amis là-bas et j’ai pu aller leur rendre visite. Ils m’ont fait découvrir la ville. Chaque coin du monde a vraiment sa particularité, et c’est ce qui fait la beauté de chaque endroit.

Je me souviens aussi de Las Vegas. Lorsque j’y suis allé pour la première fois, je n’avais pas encore 21 ans. J’en avais plein les yeux, même si cela peut paraître un peu « surfait ». Il y a des jeux de lumière partout.

Pour toutes ces raisons, le rugby à sept est incroyable. C’est un très beau sport. On est vraiment privilégié de pouvoir voyager ainsi. Quand je repense à ces tournois, cela me manque et j’ai envie d’y retourner…

Quel nouveau pays aimeriez-vous découvrir ?

L’Argentine. Je suis allé au Mexique avec ma copine l’année dernière et j’ai beaucoup apprécié cet esprit de liberté là-bas, comme le fait de pouvoir conduire un scooter sans casque.

J’aimerais également beaucoup admirer les aurores boréales en Finlande.

« C’est une excellente chose que de s’ouvrir au monde… »

Pouvez-vous partager une anecdote de voyage ?

C’est à la fois une anecdote de voyage et une anecdote rugbystique. Je pars de Bordeaux et nous devions nous retrouver directement à l’aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle. Nous avions six heures d’attente. Une heure et demie avant le vol, je me rends compte que j’ai oublié mon passeport.

J’en fais part à mon coéquipier Julien Candelon. Il me répond : « Je te laisse l’annoncer à Christophe Reigt », notre manager, champion de France de rugby à XV en 1991 avec le CA Bègles-Bordeaux et 1998 avec le Stade français Paris.

Christophe est quelqu’un de très humain, mais il nous faisait parfois un peu peur. Il était strict, mais juste. Je lui annonce la nouvelle et il le prend très bien. Il me dit : « Cela arrive. On va te reprendre un billet. En revanche, tu feras le voyage seul le lendemain. »

Je fais donc l’aller-retour pour aller chercher mon passeport (sourire), puis je repars le lendemain. Je fais Paris-Doha, puis Doha-Auckland – c’était pour une tournée en Nouvelle-Zélande. Nous avions une semaine de stage avant d’enchaîner avec le tournoi.

À mon arrivée à Auckland, Christophe me glisse en souriant : « JP, on t’a payé le billet plein tarif… alors ne te manque pas pendant le tournoi ! ». C’était une petite pique, mais assez juste.

Manque de chance, lors du troisième match, je mets une « cathédrale » à un Canadien. Je prends un carton rouge. Je suis cité, je passe en commission et j’écope de quatre matchs de suspension. Je rate donc les quarts de finale, la demi-finale et la finale… alors que je ne devais justement pas me manquer après cette histoire de billet.

Le lundi suivant, nous enchaînons avec le tournoi en Australie. Je suis encore suspendu pour le premier match de poule. Lors du deuxième, je prends une béquille et je ne peux plus jouer. Le tournoi est terminé pour moi.

Bref, un voyage catastrophe ! Aujourd’hui, on en rigole beaucoup avec les joueurs.

Ou vivez-vous aujourd’hui ?

Je vis sur Nice mais ma famille est restée au Cap Ferret. Du coup ils essaient de venir de temps en temps. Je fais les allers-retours quand je peux.

Comment trouvez-vous cette ville de Nice justement ?

Il fait très bon vivre à Nice. La météo est incroyable et la ville est très agréable. Je suis davantage habitué aux plages de sable, donc je râle un peu sur ce point, car il y a ici beaucoup de plages de galets.

Mais nous avons aussi un bon groupe qui vit bien ensemble. Nous essayons d’aller au restaurant de temps en temps afin de nous imprégner de la ville et de son ambiance.

Si vous deviez poser vos valises, le paradis ce serait où ?

Depuis longtemps, j’aimerais voyager aux Philippines. J’ai aussi souvent rêvé de découvrir Bora-Bora. Malheureusement, le voyage est long et, avec notre planning, c’est assez compliqué.

Franchement, cela ne me dérangerait pas de vivre à l’étranger. Sinon, au Cap Ferret, en famille, on est vraiment très bien. Les valises sont déjà posées là-bas (sourire). J’aime être à cet endroit, c’est très dépaysant. Il n’y a pas de grands bâtiments, l’océan est tout proche. On est privilégiés… À part l’été, quand il y a les bouchons !

Comment choisissez-vous vos voyages. Êtes-vous plutôt voyage organisé ou improvisé ?

Je préfère les voyages improvisés. Je fais tout au dernier moment et je n’aime pas tout organiser à l’avance. En famille, je réserve deux jours, puis nous sommes libres le reste de la semaine. On regarde la veille où aller.

J’aime bouger et j’y vais au feeling. Je n’aime pas cette sensation d’être bloqué, où il faut tout réserver d’un coup. Au contraire, j’apprécie ce côté liberté. Peut-être que le rugby à sept me rend ainsi, aussi.

Quelle est votre prochaine destination de vacances ?

J’aimerais faire découvrir des cultures différentes à mes enfants, mais aussi les emmener à la montagne. Je trouve cela tellement dépaysant. J’ai envie qu’ils apprennent le ski.

Mais ma compagne préfère rester au « chaud ». Il y a une petite bataille (sourire).

Vous avez dû aussi vous régaler en regardant les Jeux olympiques de Milano Cortina !

Cet hiver, j’ai eu la chance de participer aux Étoiles du Sport. Nous étions invités à Tignes, ce qui m’a permis de profiter de la montagne et de rencontrer des athlètes qui participaient aux Jeux, comme la skieuse-alpiniste Emily Harrop. Elle était, comme moi, marraine de l’événement. Elle a remporté deux médailles : une en or sur le relais mixte avec Thibault Anselmet et une en argent sur le sprint.

On rencontre des personnes incroyables, très fortes dans leur sport. Il faut savoir les soutenir aussi. J’ai rencontré également Martin Couvra, élu rookie de l’année au golf, ainsi que Hector Denayer, nageur handisport qui a récemment battu un record du monde sur 100 brasse. On garde contact.

Quelques éléments de biographie

Entre vive passion pour son sport et immense partage avec les autres, « JP » a vécu des moments intenses au cours de sa carrière. Plutôt que de regretter de ne pas avoir remporté encore plus de titres, le champion olympique de rugby à sept préfère retenir le positif et certaines rencontres marquantes :

« Ma carrière ne me laisse que très peu de regrets. On m’a souvent reproché d’être passé par beaucoup de clubs, mais c’est au contraire une expérience incroyable. J’ai conservé des amis un peu partout et je considère comme une vraie richesse d’avoir traversé différentes régions. J’ai adoré La Rochelle, probablement parce que j’y avais des amis très proches. On faisait un peu la fête, le groupe était super, et j’aimais beaucoup cette ville assez petite avec un public très chaleureux. J’aime les choses simples… »

Sportivement parlant, le natif du Chesnay (Yvelines), 34 ans, a un palmarès impressionnant. Dès 15 ans, il a porté avec brio les maillots des plus grands clubs français : Biarritz, Toulouse, La Rochelle, Bordeaux, Clermont, Perpignan, et désormais le Nissa Rugby.

Champion d’Europe en 2009 avec l’équipe de France U18, sélectionné dans toutes les équipes de France jeunes, vainqueur du Challenge européen en 2012 avec le BO, il a même été titularisé au centre pour l’équipe de France A le 28 novembre 2020 contre l’Italie lors d’un match de Coupe d’automne des nations.

Son palmarès à sept est encore plus impressionnant. Outre son titre de champion olympique à Paris 2024, il a remporté la médaille d’argent lors des tournois à Vancouver et Hong Kong en 2019. La même année, il est nommé « impact player » et termine meilleur réalisateur du Tournoi de France à sept. Vainqueur de la série mondiale 2023-2024 à Madrid, il est désormais considéré comme une véritable légende du rugby à sept.

« JP » s’est surtout fait connaître et redouter pour son explosivité et sa vivacité sur le terrain. Fin février 2026, il compte 182 sélections en équipe de France à sept, pour 79 essais marqués et 848 points inscrits.

Jean-Marc Azzola

Journaliste

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