Isabeau Courdurier : « Squamish, le paradis des vététistes »

Championne du monde 2019 des Enduro world Series, membre du Team Lapierre Zipp Collective, Isabeau Courdurier est une championne avec une tête bien faite. Grande voyageuse, animée par l’envie de réussir sur tous les fronts, celle qui a grandi à Gardanne voue une véritable passion pour son sport, le VTT.

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Isabeau Courdurier, une détermination et l’émotion d’un regard qui vise toujours plus haut au sein du Team Lapierre Zip Collective. ©Maddoboris pour Lapierre

Vous voyagez beaucoup. Qu’en retenez-vous, quels sont les « spots » qui vous ont marqué ?

Lorsqu’on fait du VTT en compétition, on a la chance d’aller dans des endroits où l’on ne serait jamais allé en temps normal. J’essaye d’en profiter à chaque occasion.

Une fois sur place, nous sommes au contact de personnes également passionnées par le vélo. Dès lors que l’on partage une passion, le lien se créé très facilement. Ainsi dans le monde entier j’ai pu rencontrer des hommes et des femmes exceptionnels. Sans le VTT, je n’aurais pas eu ce privilège. Jamais je n’oublierai mes voyages en Amérique du Sud, les gens y sont tellement accueillants.

Pouvez-vous nous partager quelques anecdotes de voyage ?

La première fois que je suis allée en Amérique du Sud, c’était au Chili, j’avais 19 ans. Je suis partie en compagnie de deux coéquipiers à peine plus âgés que moi. Comme nous avions tous les trois moins de 23 ans, nous ne pouvions pas louer de voiture. Nous avons donc dû effectuer les déplacements en bus. Ainsi un trajet de 9 heures entre Santiago et Nevados de Chillan s’est transformé en un périple de 14 heures.

Le plus incroyable c’est que nous nous sommes trompés de bus. Ce dernier nous a débarqué tous les trois à la sortie de Santiago au milieu de nulle part. Avec nos vélos, nous nous sommes retrouvés sur le bas-côté à attendre un nouveau bus. Il y en a un qui s’est présenté avec le bon numéro mais qui ne semblait pas vouloir s’arrêter malgré nos grands signes. Nous lui avons presque couru après avant qu’il ne stoppe sa route. Nous avons fait le forcing pour monter à l’intérieur sinon on se retrouvait sans moyen de déplacement quasiment dans un désert. Ce premier voyage chaotique nous a mis toute de suite dans le bain. Mais c’est aussi ça l’aventure.

Où vivez-vous aujourd’hui ?

J’ai grandi à Gardanne dans les Bouches-du-Rhône. Et là je viens de déménager à une demi-heure de là dans un petit village qui s’appelle Pourrières à côté de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume dans le Var.

Comment choisissez-vous vos vacances. Êtes plutôt voyage organisé ou improvisé ?

Je ne fais pas de voyages collectifs. C’est trop rythmé. En se faisant guider on passe à côté de choses essentielles. Pour moi ce qui est agréable dans le voyage, c’est de prendre son temps, de pousser des portes et de voir ce qui s’y passe derrière.

90% de mes vacances riment avec sport. Lorsque je choisis une destination, le premier critère est de savoir si je dois m’entrainer durant cette période. Si c’est le cas j’adapte. Par exemple l’hiver je pars à la montagne dans un endroit où je vais pouvoir faire du ski de randonnée. Hors entrainement, j’aime être dépaysée. En début d’année, je suis partie 4 jours en Laponie Finlandaise, c’était fabuleux et cela permet de déconnecter complètement du vélo.

Quel est votre prochain voyage ou prochaine destination de vacances ?

Je garde dans un coin de ma tête l’idée de retourner au Japon, d’y passer plus de temps. De découvrir davantage ce pays. Je veux revenir à Tokyo, errer dans cette ville, pousser des portes… Pas besoin de suivre un guide, au gré de mes promenades, j’aime franchir le seuil d’une boutique, d’un restau… C’est ma conception du voyage et c’est comme cela qu’on découvre des endroits qui valent le détour.

Plus proche de nous, j’ai envie de partir quelques jours au Portugal. En mode déconnexion et plutôt côté mer avec un peu de surf, pour partager cet esprit plage qui fait du bien au moral.

Si vous deviez poser vos valises, le paradis ce serait où ?

Si je dois en choisir un, c’est Squamish en Colombie-Britannique au Canada. C’est un paradis pour les vététistes. Le top pour les amoureux du vélo et de nature. À une demi-heure au-dessus de la station de Whistler et une heure de route de Vancouver, cette petite ville ne paye pas de mine mais il y a tout ce qu’il faut pour les activités outdoor : VTT, randonnée, escalade, canoë sur les lacs. Il y a même un spot de kitesurf. Squamish, c’est vraiment top.  

Comment abordez-vous cette nouvelle saison de compétition ?

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Isabeau a débuté le VTT à l’âge de 5 ans et truste aujourd’hui régulièrement les podiums des Enduro World Series. ©Maddoboris pour Lapierre

À la base nous devions débuter l’Enduro world Series par l’Australie et la Nouvelle-Zélande mais pour des raisons liées à la crise sanitaire, cela n’est pas possible. La saison va donc débuter en juin en Ecosse. Il devrait y avoir 8 dates dont les Etats-Unis et le Canada. À priori on devrait pourvoir revoyager, c’est déjà une bonne nouvelle.

Après une saison compliquée, très éprouvante l’an dernier, j’ai envie de revenir à mon meilleur niveau. Tout en ambitionnant de gagner un maximum de manches, j’ai envie de me faire plaisir et retrouver cette petite flamme sur les compétitions. J’ai la chance d’être bien entourée, j’ai trouvé chez Team Lapierre Zipp Collective une famille. Je m’y sens très bien. Grâce aussi aux marques qui nous soutiennent, j’espère que l’on est sur quelque chose qui va s’inscrire dans la durée.

Itinéraire d’une surdouée sur deux roues

À presque 28 ans, Isabeau Courdurier est une championne accomplie. Native d’Aix en Provence, ayant grandi à Gardanne, elle a toujours eu le sport chevillé au corps. Débordante d’énergie, c’est grâce à son frère qu’elle s’est initiée au VVT alors qu’elle avait seulement 5 ans. « Il y avait une catégorie pour les tout-petits, j’ai demandé à mes parents si je pouvais m’inscrire sur une course » raconte-t-elle. Et de dire que cette épreuve, elle s’en souvient comme si c’était hier, « cela se passait à Bouc-Bel-Air à côté de Gardanne ». Un  vrai coup de cœur et des premiers coups de pédales dans une discipline qu’elle ne quittera plus. 

L’année suivante, Isabeau s’inscrit dans un club de VTT, « le deal c’était que ma mère m’accompagne sur les entrainements et me ramène à la maison si je n’arrivais pas à tenir ». Elle tient. Du coup, toute la famille se met au VTT et vit au rythme des exploits d’Isabeau.

La jeune championne fait d’abord ses armes au niveau régional en cross-country, une discipline orientée vers la vitesse et la compétition (voir ci-dessous). « Je n’ai pas fait de sport-étude mais des études en filière classique, par conséquent cela devenait compliqué de pouvoir s’entrainer » résume Isabeau qui s’est donc orientée vers l’enduro où l’on peut « s’amuser avec un peu moins d’entrainement ».

Très vite elle enchaine les victoires au niveau régional, puis décroche la Coupe de France Enduro Series en 2013. Place désormais au niveau international.  L’année suivante, Isabeau intègre son premier team pro. Elle ira chercher trois fois le titre de Vice-Championne du Monde de 2015 à 2018 pour finalement le remporter en 2019 avec une saison parfaite de neuf victoires sur neuf possibles.

Consciente aussi que « c’est dans l’adversité que l’on se construit », elle décroche l’an dernier le titre de Championne de France, le seul qui manquait à son palmarès et accroche une marche sur le podium des Enduro world Series au terme d’une saison éprouvante. C’est d’ailleurs l’histoire que raconte l’émouvant et joli film « Résilience » (voir ci-dessous) qui retrace cette saison 2021.

Membre du Team Lapierre Zipp Collective, Isabeau Courdurier se dit chanceuse de pouvoir vivre de sa passion. D’autant plus que l’enduro est de plus en plus médiatisé et continue de bien se développer. Titulaire d’un master en marketing ainsi que d’un diplôme permettant d’encadrer en tant que moniteur de VTT, Isabeau restera « toujours dans l’univers du vélo et du sport ». Les possibilités qui s’offriront à elle seront nombreuses. En attendant nous lui souhaitons la meilleure des saisons 2022.

Les trois disciplines du VTT

 

  • Le cross-country. C’est l’épreuve reine et la plus connue du VTT. Discipline olympique depuis 1996, elle se présente sous la forme d’une épreuve chronométrée sur circuit fermé sur lequel les participants s’élancent tous ensemble et doivent franchir montées et descentes techniques. Environ 1h30 d’effort.
  • La descente. Très spectaculaire, il s’agit là d’une épreuve chronométrée sur une piste spécialement aménagée où les participants s’élancent les uns après les autres. Un peu comme au ski, le but est de descendre le plus vite possible en adoptant les meilleures trajectoires. Une descente dure en moyenne entre 3 et 5 minutes.
  • L’enduro. De plus en plus populaire, c’est un peu la synthèse des deux autres disciplines avec une priorité donnée à la descente. Comme l’explique Isabeau Courdurier, « l’épreuve est semblable à un rallye avec différentes spéciales à parcourir sur des parcours techniques et exigeants ». À l’issue de la course, les temps de chaque spéciale sont additionnés et permettent ainsi de déterminer le vainqueur.

David Savary

Rédacteur en chef
Contact: david.savary@sport-et-tourisme.fr

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