Dossards : et si les grandes courses s’inspiraient des randos VTT ?
Pour courir, il suffit d’enfiler ses chaussures et de franchir la porte. Pas d’abonnement, pas de réservation, pas de guichet. Un chemin, une rue, un sentier, la course à pied reste l’un des sports les plus simples et les moins coûteux à pratiquer. Dès qu’elle devient une épreuve, l’équation change.
Les dossards grimpent, les inscriptions se disputent et certains départs se jouent désormais au tirage au sort. Le marathon de Paris en offre une illustration spectaculaire. Pour son édition 2027, le dossard grand public est fixé à 169 euros. La candidature au tirage au sort est gratuite, mais seuls les coureurs retenus pourront acheter leur place. On ne paie pas pour tenter sa chance ; on paie cher si on l’obtient. La course propose aussi un tarif de 50 euros à des personnes répondant à des critères sociaux, dans le cadre d’un contingent spécifique.
Cette tension dépasse la capitale. Le trail attire toujours davantage, porté par les réseaux sociaux, les paysages et la promesse d’une aventure à portée de foulée. Mais les sentiers se remplissent, les courses affichent complet et les tarifs alimentent les discussions. L’engouement a son revers, les organisateurs doivent gérer des flux croissants, préserver les parcours et assurer la sécurité.
Un dossard ne finance pas seulement un morceau de tissu. Il faut baliser, ravitailler, chronométrer, mobiliser des équipes et parfois fermer des routes. Les exigences de sécurité et la logistique pèsent sur les budgets, tandis que la baisse des aides publiques fragilise certaines épreuves. La hausse des prix ne se résume donc pas à une dérive tarifaire. Elle raconte aussi le coût d’événements devenus plus grands, plus encadrés, plus désirés.
À quelques dizaines de kilomètres des grandes courses, les randonnées VTT organisées par des clubs restent souvent accessibles pour quelques euros, parfois autour de cinq. Des bénévoles, des circuits balisés, des ravitaillements et le plaisir de rouler ensemble. Le modèle associatif prouve qu’un rendez-vous populaire n’a pas toujours besoin d’un dossard à trois chiffres.
Bien sûr, une randonnée locale ne se compare pas à un marathon qui ferme une ville et accueille des dizaines de milliers de coureurs. Les contraintes ne sont pas les mêmes. Mais l’exemple invite à regarder au-delà du prix. Quelle place reste-t-il pour les clubs, les bénévoles et les formats à taille humaine dans un calendrier de plus en plus dominé par les grandes épreuves ?
