Coupe du Monde : suivre les Bleus va coûter l’équivalent de trois Smic
À l’approche de la Coupe du monde 2026, suivre les Bleus sur la phase de groupes représenterait un budget d’environ 4 800 euros par personne, soit l’équivalent de près de trois Smic. Un coût qui illustre l’importance de l’investissement nécessaire pour les supporteurs.

Selon une étude menée par le spécialiste belge de paris sportifs BetFirst, un supporteur devra prévoir, c’est très précis, 4 800,60 euros pour assister aux trois premiers matches de l’équipe de France (le 16 juin face au Sénégal dans le New Jersey, le 22 juin contre l’Irak à Philadelphie et le 26 juin face à la Norvège à Boston). Ce montant comprend les vols depuis Paris, les billets en catégorie 2, l’hébergement ainsi que les dépenses sur place. À titre de comparaison, cela représente plus de trois mois de Smic net (1 443, 11 euros au 21 avril 2026) pour une dizaine de jours.
Un déplacement à travers la côte Est
Le poste transport constitue une part majeure de ce budget. Le parcours des supporters les mènera entre plusieurs villes de la côte Est des États-Unis – New Jersey, Philadelphie et Boston – pour un total de plus de 17 400 kilomètres parcourus en avion. Cette dispersion géographique renforce la complexité du voyage et contribue à l’augmentation des coûts globaux.
Parmi les étapes, le match disputé au MetLife Stadium, à l’ouest de New York, dans le New Jersey, s’annonce comme le plus onéreux. La rencontre, notamment face au Sénégal, pourrait représenter une dépense totale de 1 597,33 euros par personne, en raison notamment d’un hébergement estimé à 630 euros la nuit à proximité.
Des transports locaux en forte hausse
À ces coûts déjà élevés s’ajoute désormais une hausse marquée des transports locaux. Pour rejoindre le stade depuis New York, les spectateurs devront s’acquitter d’un tarif spécial de 150 dollars (environ 127 euros) pour un aller-retour en train, contre 12,90 dollars (11 euros) habituellement pour ce trajet d’une trentaine de kilomètres. Cette augmentation significative est justifiée par les autorités locales par les coûts logistiques et sécuritaires liés à la mise en place de trains dédiés aux supporters, estimés à 48 millions de dollars. Le comité d’organisation souligne par ailleurs que ces dépenses ne doivent pas être supportées par les usagers quotidiens du réseau.
Billets et dépenses annexes : une facture qui grimpe
Les coûts annexes, souvent sous-estimés, participent également à alourdir la facture. L’étude BetFirst évoque un « indice hot-dog et bière » qui illustre les variations de prix dans les stades : à Philadelphie, un encas de ce type atteindrait 12,87 euros, contre environ 11 euros dans les autres villes concernées.
Concernant les billets, les tarifs pour une place en catégorie 2 varient entre 371 euros à Philadelphie et 432 euros à Boston. Mais ces montants pourraient encore évoluer à la hausse, la FIFA ayant introduit de nouvelles catégories premium. De manière plus générale, plusieurs estimations évoquent des budgets dépassant 6 000 euros pour suivre une équipe jusqu’aux phases finales, avec des places pouvant atteindre près de 9 500 euros pour la finale dans les offres les plus haut de gamme.
Une accessibilité qui interroge
Au-delà du budget, ces estimations mettent en lumière l’ampleur logistique d’un tel déplacement. Entre longues distances, multiplicité des sites et inflation des prix, assister à cette Coupe du monde s’apparente à un projet de voyage très exigeant, réservé à une petite partie des supporteurs. Cette tendance relance plus largement la question de l’accessibilité des grands événements sportifs, dont les coûts semblent s’éloigner progressivement d’une partie du public.
Comme le souligne l’éditorialiste Laurent Guena, la FIFA ambitionne de bâtir « le Mondial le plus inclusif de l’histoire ». Elle en fera peut-être aussi le plus rentable. L’émotion, elle, n’a pas de prix fixe – un principe que le dynamic pricing peine encore à intégrer. À défaut, la compétition restera accessible… à la télévision.
Source : étude BetFirst (données compilées à partir de Google Flights, Booking.com et informations tarifaires locales pour juin 2026).
