Le Mondial des contrastes

La Coupe du monde est entrée dans sa phase décisive, celle des matchs à élimination directe. Et la France est toujours au rendez-vous américain.

Au fond, ce Mondial 2026 est-il une réussite ? Globalement, oui. L’impression d’ensemble est positive. Les stades sont pleins, vibrants, colorés. Malgré les réticences du départ, la compétition a trouvé son public. Sur ce point, la FIFA peut difficilement être contredite. L’événement a de l’allure.

Parmi les bons points de cette édition, le protocole précédant le coup d’envoi mérite d’être salué. Voir les deux équipes, titulaires et remplaçants réunis autour du rond central, face à face devant d’immenses drapeaux, confère aux hymnes une vraie solennité. L’idée est simple, mais elle fonctionne.

Les interludes musicaux, l’habillage des rencontres et la mise en scène générale participent de cette volonté d’offrir un spectacle total. Nous sommes en Amérique du Nord, au pays du show et de l’entertainment, et cela se ressent.

Tout n’est pourtant pas irréprochable. Le principal défaut de cette édition tient à son format. Avec 48 équipes, 104 matchs et un tour supplémentaire, la compétition paraît parfois trop longue, presque saturée. À force de vouloir toujours plus, on finit par diluer ce qui faisait aussi la force du tournoi : sa rareté, sa lisibilité et son intensité. Au milieu de cette avalanche de rencontres, il devient plus difficile de (tout) suivre, de hiérarchiser les équipes.

Et puis il y a ces fameuses pauses fraîcheur, deux par match, qui servent de prétexte à des respirations publicitaires. Elles cassent le rythme, brisent la tension et interrompent le fil du jeu. Qu’elles existent sous une chaleur extrême est compréhensible. Mais leur répétition, parfois dans des stades climatisés, interroge. On y voit tout de suite la marque d’une économie du spectacle où les impératifs commerciaux prennent le pas sur le football. Sous la présidence de Gianni Infantino, la FIFA pousse toujours plus loin cette logique de marchandisation. C’est pas bon.

Reste l’essentiel : la compétition. Les matchs couperets, les surprises, les prolongations, les tirs au but… C’est là que la Coupe du monde retrouve toute sa magie. L’équipe de France affronte le Maroc, jeudi 9 juillet, en quarts de finale. Espérons que les Bleus prolongent leur aventure… et la nôtre, sur le sol américain.

David Savary

Rédacteur en chef
Contact: david.savary@sport-et-tourisme.fr

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