Retour des spectateurs dans les stades, où en est-on ?

Même s’il est toujours aussi difficile de faire des prévisions un an après le début de la pandémie, des expérimentations sont à l’étude pour un retour de la jauge de spectateurs dans les enceintes sportives françaises. A l’étranger, un retour à 100% du public est même envisagé pour certains évènements.

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Le bouillant Stade Vélodrome à Marseille n’attend qu’une chose, s’enflammer à nouveau.

Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir ? Pour ce qui est du retour du public dans les stades, on ne voit pas grand-chose. Depuis le deuxième confinement entré en vigueur le 29 octobre dernier, plus aucun spectateur en France n’est autorisé à assister à un match de football ou de rugby. Ce qui est vrai pour les compétitions dans des stades ouverts l’est aussi pour celles qui se déroulent en indoor. Une grande frustration pour tous les passionnés de sport. Ils peuvent toutefois avoir de bonnes raisons d’espérer.

De l’espoir car le ministère chargé des Sports évoque, comme pour le secteur de la culture, « des expérimentations » pour un retour de la jauge de spectateurs dans les enceintes sportives. En sollicitant des personnes volontaires, l’idée est d’observer la propagation du virus dans les stades ouverts et les enceintes fermées. Une étude utile ou futile ? Le Professeur Eric Caumes, chef du service des maladies infectieuses de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, n’en voit pas trop l’intérêt dans la mesure où le coronavirus se transmet peu en extérieur. Interrogé sur BFMTV en début de mois, celui-ci affirmait que « lorsque les spectateurs se contaminaient, cela se passait surtout dans les bistrots en face des stades mais pas dans les stades ouverts ». Tout est dit.

Lille et Lyon, précurseurs et mobilisés

Ministre déléguée aux Sports, Roxana Maracineanu joue la carte de la prudence. « Aujourd’hui nous avons la possibilité de faire des vaccins et des tests plus massivement qu’avant. Nous avons aussi la possibilité d’avoir des QR codes pour repérer les cas contacts et les isoler derrière. A partir de ces nouvelles données de gestion de crise, nous avons besoin de renforcer les protocoles qui existent déjà » martèle-t-elle dans les médias.

Concrètement, le ministère des Sports, en accord avec les autorités préfectorales et le ministère de la Santé, étudie dans certaines villes et/ou avec certains clubs la possibilité d’une réouverture partielle des stades au public. Malheureusement sans qu’aucune date ni aucun lieu ne soient définis. La ville de Lille avec son club de football le LOSC ainsi que l’Olympique Lyonnais ont déjà manifesté leur envie d’être site test. Le médiatique Jean-Michel Aulas, président de l’OL, plaide pour un retour dans les stades vers avril-mai. « Je souhaite que l’on puisse associer la pratique du sport et la vaccination le plus vite possible parce que c’est le besoin de la population aujourd’hui de pouvoir refaire du sport et participer dans les stades à un certain nombre de matches. (…). A partir de fin avril, début mai, on pourrait avoir une relance de cette possibilité » a-t-il déclaré il y a quelques jours sur les ondes de France Bleu Occitanie. Souvenons-nous qu’en début de saison des jauges de 5 000 puis 1 000 spectateurs avaient été autorisées dans les stades avant qu’elles ne soient supprimées avec la deuxième vague du Covid-19 en octobre.

Concernant les matches de l’équipe de France, Noël Le Graët, président de la Fédération Française de Football, est lui aussi favorable au retour des spectateurs dans les stades, et ce dès la prochaine rencontre des Bleus face à l’Ukraine le 24 mars. « J’ai demandé une jauge de 30 % au Stade de France qui fait 80 000 places. Il y a 18 possibilités d’entrées. Pour 24 000 personnes, c’est jouable. Cela dit, on s’adaptera aux prochaines annonces » a-t-il précisé lors d’un déplacement cette semaine à Lisieux. « La situation sanitaire est compliquée, pour 20 départements, il y aura des couvre-feux sans doute les week-ends, il y aura des difficultés à exercer une pratique, on ne peut pas parler tout de suite de jauge ou de retour du public dans les stades » semble lui avoir répondu sur Europe 1 Roxana Maracineanu.

Qu’en est-il à l’étranger ?

Alors que la plupart des pays d’Europe ne se hasardent pas à évoquer un retour des spectateurs dans les stades, en Espagne, la ville de Gérone en Catalogne s’apprête à rouvrir ses enceintes au public entre la fin février et la fin mars. Un test grandeur nature pour des matches de football, de rugby, de basket mais aussi des concerts. Pour cela les spectateurs devront présenter un pass digital « Covid free » validé après test antigénique et vaccination. Si tout se passe bien le dispositif pourrait être étendu à l’ensemble de la Catalogne. Nul doute que cette initiative sera scrutée de très près en Europe.   

La question des spectateurs, elle revient également à propos de la tenue de l’Euro de football qui doit se dérouler dans 12 pays hôtes, du 11 juin au 11 juillet. L’UEFA qui organise la compétition doit prendre une décision début avril. Elle travaillerait sur quatre scénarios possibles : des stades à pleine capacité, une capacité comprise entre 50 à 100%, une capacité de 20 à 30%, et des matches se déroulant à huis clos. Passeport sanitaire en main, masque sur la bouche, souhaitons vivement que l’on puisse se rendre au stade l’été prochain pour encourager son équipe favorite.

Et pourquoi pas 100% de spectateurs

S’appuyant sur l’efficacité de sa campagne de vaccination, la Grande-Bretagne table sur un déconfinement progressif. Avec l’espoir de rouvrir les portes de ses stades aux spectateurs aux alentours de la mi-mai. L’idée dans un premier temps est d’autoriser 25% de la capacité de l’enceinte avant d’augmenter dans un deuxième temps cette capacité, vers la fin juin. Prévu à la mi-juillet le Grand Prix de Formule 1 de Silverstone espère toujours faire le plein, soit 300 000 spectateurs. « Le circuit n’est pas un stade étroit comme l’est un stade de football ou un court de tennis » a déclaré à la BBC un responsable.

Même si nous ne sommes pas à l’abri d’une mauvaise surprise avec ce coronavirus, nous pouvons raisonnablement être optimistes. A l’image du récent Open d’Australie de tennis. Jusqu’à 30 000 spectateurs par jour sont venus assister aux matches sur la première partie du tournoi avant qu’un nouveau confinement de cinq jours ne soit imposé par l’état de Victoria. Fort heureusement, le public a pu de nouveau revenir pour assister à la fin du tournoi et le sacre de Novak Djokovic. Aux Etats-Unis, pourtant le pays plus touché au monde par la pandémie, des équipes de football américain ont obtenu des jauges supérieures à 10 000 spectateurs. Encourageant.

Quant à l’évènement phare de l’année, les Jeux Olympiques à Tokyo du 23 juillet au 8 août, nous croisons tous les doigts pour qu’il se déroule dans les meilleures conditions possibles. A commencer par le relais de la flamme qui doit traverser le pays et débuter le 25 mars prochain. Si les spectateurs sont autorisés sur le parcours, le port du maque sera bien entendu obligatoire et les acclamations strictement interdites, prévient l’organisation rappelant aussi que la présence sur certains points du parcours se fera uniquement sur réservation. Ne perdons pas nos illusions et gardons espoir.

David Savary

Rédacteur en chef
Contact: david.savary@sport-et-tourisme.fr

David Savary
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