Dedans, en citoyen

« Dedans avec les miens, dehors en citoyen ». C’est ainsi que le gouvernement résume sa politique sanitaire dans les départements où des mesures ont été prises. Audible ?

Pour la bonne cause, six femmes, écartées du schéma sportif traditionnel par la maladie, vont marcher lors des vacances scolaires dans toute la France pour arriver à Paris en 2024, à l’heure des Jeux Olympiques. Toutes disent sur la page Facebook consacrée à l’évènement combien se bouger leur a permis de se « sentir renaître » en mettant de côté « l’isolement ou encore la maladie pour laisser place au lien social, l’épanouissement et l’estime de soi ».

A moins que l’on replonge dans un confinement strict, elles devraient pouvoir commencer leur périple à Pâques, du Havre. Elles sont six et un chien. Dehors, en citoyennes. La pratique sportive, ces femmes vont le démontrer lors de leur périple, permet non seulement de sentir psychiquement mieux mais, aussi, de renforcer les défenses immunitaires. Une arme contre le virus, pas infaillible certes, mais contre cet ennemi, tout est bon à prendre.

La semaine dernière, un groupe de sénateurs s’est emparé de la question. Jean-Jacques Lozach, élu de la Creuse, a estimé qu’il doit y avoir « un droit d’accès au sport » comme il y en a un pour la santé. Il s’appuie sur une étude européenne des professeurs d’éducation physique qui montre que, depuis la pandémie, « 40% des élèves présentent une augmentation de leur masse graisseuse et une diminution de 16% de leurs capacités aérobie ».

Pourquoi, alors, encadrer aussi strictement la pratique sportive. Fallait-il mettre à l’arrêt le football amateur ? On n’imagine pas les gamins privés de ballon rond compenser le manque d’activité physique par la course à pied ou la marche nordique. Ca, c’est pour les vieux. Il est aussi un peu pathétique de voir de jeunes escrimeurs s’entraîner à l’extérieur dans des conditions pas vraiment idéales pour progresser. Certains finiront par se lasser. Combien de personnes ont décroché parce qu’ils ne peuvent plus se rendre dans leur salle de sport ? On n’ose même plus parer des nageurs du dimanche.

Pour nombre d’entre nous, faire du sport n’a rien de naturel et notre volonté de s’y mettre ou s’y remettre se heurte à tous ces obstacles. Au fait, ils sont où ces masques d’intérieur promis par notre ministre des Sports pour permettre la réouverture des salles ? Dedans, en citoyen.

Laurent Guena

Rédacteur en chef adjoint.
Contact: laurent.guena@sport-et-tourisme.fr

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