Voyage en absurdie

On aimerait bien vous parler des merveilles du Maroc ou de l’Indonésie mais cela serait contre-productif si, d’aventure, cela devait vous donner envie de s’y rendre. En ce moment, c’est plutôt en absurdie que l’on voyage.

Lundi. L’interdiction de manger et de boire dans les trains fait jaser. Magnanime, le ministre des Transports autorise finalement les clients à se restaurer en cas de raisons impératives, à condition que cela soit rapidement expédié. Cinq, dix, vingt minutes. On ne sait pas. Mieux vaut éviter le plateau de fruits de mer.

Mardi. Lens-Lille, huitième de finales de la coupe de France. La jauge est respectée mais les 5 000 spectateurs sont tous entassés dans la même tribune. Absurde, évidemment. Pourquoi donc ne pas proportionner les jauges selon la taille des stades. Pour Oliver Véran, ministre de la Santé, « ce serait une usine à gaz ». Pas tant que cela, finalement, puisqu’un un décret devrait bientôt changer la donne.

Mercredi. Novak Djokovic débarque à Melbourne. Visiblement non vacciné, il a obtenu une dérogation pour jouer l’Open d’Australie, ce qui met le feu aux poudres dans le pays. Les autorités refusent son entrée sur territoire. On peut le comprendre, eu égard à tous les sacrifices réalisés par la population depuis le début de la pandémie. Mais, pourquoi, alors, l’avoir autorisé à embarquer pour céder ensuite face à la pression de l’opinion publique ? Sinon, il pourra jouer à Roland-Garros, la ministre des Sports l’assuré : pour les grands évènements, la bulle sanitaire permet d’accueillir les sportifs non vaccinés. Ceux-là, on ne les « emmerde » pas.

Jeudi. On comprend que certaines compagnies aériennes européennes volent à vide pour conserver leurs créneaux aéroportuaires – on en n’est plus à une absurdité près.

Vendredi. Malgré 21 joueurs testés positifs dans la semaine, les Girondins de Bordeaux ont l’obligation de jouer contre l’Olympique de Marseille, qui l’emporte mettant fin ainsi à 44 ans de disette.

Evidemment, on n’aimerait pas être à la place de ceux qui prennent les décisions. Elles ont toutes des inconvénients et rarement de gros avantages : il y aurait sans doute bien moyen d’éviter de voter quelques mesures absurdes qui empoisonnent notre quotidien, déjà bien chamboulé.

Laurent Guena

Rédacteur en chef adjoint.
Contact: laurent.guena@sport-et-tourisme.fr

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