Pierre Mortefon : « Quand on dit Tahiti, ça rime bien avec paradis »

Natif de Narbonne, Pierre Mortefon est l’un des meilleurs véliplanchistes de la planète. Champion du monde de slalom en 2019, il ne voyage jamais sans sa planche. Une part d’aventure qu’il partage avec nous le temps de quelques lignes.

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Présent sur le circuit national et mondial, Pierre Mortefon voyage en moyenne plus de 200 jours par an en dehors de son domicile. ©Robin Christol

Vous voyagez beaucoup. Quels sont les « spots » qui vous ont marqué ? 


C’est vrai que j’ai eu la chance de voyager beaucoup sur cette planète, de voir des endroits magnifiques, en particulier les plus belles plages du monde. Je n’ai pas Un spot que je préfère mais plusieurs. L’ile Maurice et le Morne sont de supers endroits en raison de la beauté de leurs paysages mais aussi pour la variété de culture que l’on rencontre sur cette île. Tahiti est un archipel incroyable, un peu loin mais tellement accueillant. Hawaï constitue bien sûr le rêve de tout planchiste ou surfeur avec des conditions et un lifestyle incroyables. 

Mais je reste particulièrement attaché à la France. Nous avons tout chez nous.  La mer, on pourrait presque dire que la France est un île tant elle est entourée d’eau. Nous avons aussi la montagne et de magnifiques campagnes. Je suis vraiment un amoureux de notre pays. J’ai grandi dans l’Aude. C’est un endroit à la fois chargé d’histoire et doté de beaux paysages. J’adore.

Pouvez-vous nous partager quelques anecdotes de voyages ?

La plus grande « difficulté » pour moi lors de mes voyages c’est que je trimballe toujours ma planche, que ce soit pour la compétition mais souvent aussi pour les vacances. Forcément cela fait des gros bagages, quelques kilos en trop et de l’excédent. Ce n’est jamais très simple mais au fil des années je m’y suis fait. 

Un jour j’étais au Brésil pour une étape dans le Nordeste. Depuis le lieu de compétition, nous avions 2h30 – 3h00 de transfert pour rejoindre l’aéroport de Fortaleza. Nous partons en taxi et nous mettons tout notre équipement dans un gros camion. Nous demandons au chauffeur de taxi de bien le suivre. Malheureusement dans le trafic nous perdons sa trace. Nous arrivons à l’aéroport, mais pas de matos, 15 sacs disparus. Nous attendons trois quatre heures avant de parvenir à contacter le chauffeur mais forcément le dialogue est compliqué. Le temps passe et la marge que nous avions pour prendre l’avion fond comme neige au soleil… Une heure avant le décollage, nous sommes en train de négocier pour prendre le vol suivant quand un petit pick-up arrive avec notre chargement. En fait le chauffeur avait été trahi par sa mécanique. Heureusement son cousin l’avait rejoint avec son propre véhicule. Ils ont mis le matériel dans le pick-up et ont pu rejoindre l’aéroport à temps. Ils nous ont même ramené un sac de fruit frais. Chanceux sur ce coup-là. 

Où vivez-vous aujourd’hui ?

Je vis en Occitanie, entre Montpellier où j’ai fait mes études et Narbonne où j’ai grandi et lancé un club de windsurf avec ma sœur Marion. Le rythme a bien sûr changé cette année mais en temps normal je passe plus de 200 jours par an en déplacement. Pour m’entraîner l’hiver dans des contrées plus chaudes ou tout simplement pour suivre les différents circuits de compétition.

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En créant un club de windsurf avec sa sœur, Pierre Morefon veut aussi mettre son expérience au profit du plus grand nombre. ©Robin Christol

Comment choisissez-vous vos vacances ?

C’est une histoire de famille. Ma compagne a son mot à dire sur la destination. Il faut aussi que ça match avec Léon, notre fils de trois ans. Il nous suit partout. Après je ne vous cache pas que je suis pas du genre à rester bronzer sur une serviette. Il faut certes du repos mais il faut quand même que ça bouge un peu.

Etes-vous plutôt voyage organisé ou improvisé ?

Les deux. C’est clair que quand tout est calé, tu parviens à faire plein de choses. Tu ne perds pas de temps et tu ne te poses pas de questions sur l’aspect organisationnel. A l’inverse, j’apprécie aussi de charger rapidement mes affaires dans mon camion et ainsi partir pour un road trip non organisé. Tu profites différemment, avec un rythme décalé et c’est souvent là que tu vois et vis des choses très marquantes. 

Quel est votre prochain voyage ou votre prochaine destination de vacances ?

L’été dernier nous devions aller à l’Ile Maurice. Cela a été annulé mais c’est toujours sur la liste car je pense que c’est un super endroit pour être en famille, naviguer ou surfer tout en visitant les montagnes et l’intérieur de l’île. 

Si vous deviez poser vos valises, le paradis ce serait où ?

Franchement c’est compliqué ! Comme je l’ai dit, j’adore la France. Mais quand on dit paradis, ça rime bien avec Tahiti. Les gens sont tellement gentils et accueillants, les paysages extraordinaires, mais c’est loin.

Quelques éléments de biographie

Ayant grandi sur les bords de la mer Méditerranée, Pierre Mortefon s’est aventuré sur une planche à voile à l’âge de 11 ans. Prenant vite goût aux joies de la glisse, il est devenu un inconditionnel du windsurf. Présent sur le circuit national et mondial, le véliplanchiste de 31 ans se classe premier en 2019 du circuit mondial de slalom. C’est donc lui le champion du monde actuel.

Membre de l’équipe de France de funboard, Pierre Mortefon a inauguré l’an dernier en compagnie de sa sœur Marion le club itinérant de windsurf Mortefon Watersports. Objectif, mettre leur passion au service du plus grand nombre. N’hésitant donc pas à se déplacer, c’est là l’opportunité de découvrir les superbes spots de l’Occitanie tout en bénéficiant de conseils de pros.

David Savary

Rédacteur en chef
Contact: david.savary@sport-et-tourisme.fr

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