« Le seul moyen d’améliorer l’immunité, c’est l’activité physique »

Mercredi 20 janvier, la Commission de la Culture, de l’Education et de la Communication, ainsi que la Commission des Affaires Sociales du Sénat ont organisé des auditions sur le thème du sport et la santé. L’occasion notamment pour le professeur en physiologie cardiovasculaire François Carré de rappeler les dangers de la sédentarité.

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Le professeur François Carré, lors de son audition au Sénat le 20 janvier.

Ce sont des neurologues qui le disent, « la nourriture du cerveau, c’est l’activité physique ». François Carré, cardiologue au CHU de Rennes et chercheur à l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) ne dit pas autre chose, « si je bouge, j’ai moins de risques d’être touché par la Covid, et si je le suis, j’ai moins de risques de développer une forme grave » a-t-il déclaré devant les sénateurs lors de son audition.

Oui mais comment faire du sport sous un régime de couvre-feu avec l’obligation d’être chez soi à 18h00. Présente elle aussi au Sénat, Christelle Gautier, chef de projet Stratégie nationale sport et santé au ministère des Sports, reconnaît que « la situation est complexe ». Selon elle, il s’agit de « trouver les ajustements pour veiller à ce que les différents publics puissent poursuivre leur activité physique, que l’on soit sportif de haut niveau ou bien inscrit dans un parcours de soins justifiant d’une prescription d’activité physique adaptée ».

Du sport sur ordonnance

Même si trop peu le savent, depuis la loi santé de 2016, les médecins peuvent prescrire des séances d’activité physique à leurs patients. Michel Savin, sénateur de l’Isère, admet que « le sport sur ordonnance peut être prescrit mais il n’est pas remboursé et non pris en charge par la Sécurité Sociale ». L’élu ne comprend d’ailleurs pas que des personnes bénéficiant d’une prescription médicale ne puissent pas déroger au couvre-feu, « comment leur explique ». « Si l’activité physique ne remplace pas les médicaments, François Carré explique en substance que c’est bien parce que le sport est bon pour la santé que des économies pourraient être faites sur notre système de santé ». Les experts de l’Inserm constatent aussi qu’un médicament est plus efficace sur un patient lorsque celui-ci bouge et fait du sport dans un cadre thérapeutique.

Et si le sport est bon pour la santé, ce n’est bien sûr pas qu’en mode curatif. Dès leur plus jeune âge, les enfants doivent faire de l’activité physique. « Il faut arrêter de séparer le corps et l’esprit » indique François Carré. « Les enseignants l’ignorent mais on apprend mieux à lire, écrire et compter lorsqu’on fait de l’activité physique » poursuit le cardiologue évoquant l’importance de « redonner à l’enfant l’habitude de marcher », de se dépenser avec au minimum une heure d’activité par jour (chez l’adulte, l’OMS recommande entre 150 et 300 minutes de sport par semaine). Selon les statistiques, seulement 5% des enfants respectent les préconisations. Inquiétant lorsqu’on sait que c’est pendant l’enfance qu’on construit son capital santé. Autre donnée fournie par le chercheur qui doit nous faire réfléchir, le confinement et l’absence d’activité physique ferait « baisser les capacités cognitives de l’enfant de 40% ». Sans compter les problèmes de poids.

Nul doute qu’avec la crise que nous traversons, les choses ne vont pas s’améliorer de suite. Néanmoins, il faut s’efforcer de bouger et s’astreindre à de l’exercice physique. « Cela prévient, limite l’évolution et les complications des maladies chroniques, parfois même ça les guérit » argumente encore le cardiologue, convaincu que « le seul moyen d’améliorer l’immunité, c’est l’exercice physique ». Il cite en exemple « la Suède dont l’espérance de vie en bonne santé est de 71 ans alors qu’elle n’est que de 62 ans en France, la France qui n’est pas un pays de sportif » conclut le professeur Carré.

Application des décisions sanitaires depuis le 16 janvier

La pratique sportive des majeurs

Dans l’espace public, la pratique auto-organisée, ainsi que celle encadrée par un club ou une association, reste possible dans le respect du couvre-feu, avec un retour au domicile à 18h maximum et dans la limite de 6 personnes (même si l’activité est encadrée).

Dans les équipements sportifs de plein air, la pratique auto-organisée comme encadrée reste possible dans le respect du couvre-feu et des protocoles sanitaires (distanciation physique obligatoire et gestes barrières). Si l’activité est encadrée, le seuil des 6 personnes ne s’applique pas.

Dans les équipements clos et couverts, la pratique sportive des adultes reste suspendue.

Pour les publics prioritaires

Les publics prioritaires suivants : sportifs professionnels, sportifs de haut niveau et autres sportifs inscrits dans le Parcours de performance fédéral, personnes en formation universitaire ou professionnelle, personnes détenant une prescription médicale APA et personnes en situation de handicap reconnu par la MDPH ainsi que l’encadrement nécessaire à leur pratique, conservent l’accès à l’ensemble des équipements sportifs (plein air et couverts).
Pour ces publics, l’ouverture des vestiaires collectifs est autorisée, dans les conditions fixées par les protocoles sanitaires.

Toutefois, seuls les sportifs professionnels, les sportifs de haut niveau, les publics en formation professionnelle ainsi que l’encadrement nécessaire à leur pratique, seront autorisés à déroger au couvre-feu dans le cadre de leurs déplacements et de l’accès aux équipements sportifs.

(Ministère chargé des Sports)

David Savary

Rédacteur en chef
Contact: david.savary@sport-et-tourisme.fr

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