Aux Canaries, le « saut du berger » attire de plus en plus de pratiquants

Aux Canaries, le « saut du berger » ou « brinco del pastor » n’est peut être pas considéré comme un sport mais il faut quand même un peu d’entraînement avant de pouvoir maîtriser cette pratique.

saut du berger
Le « saut du berger » reconnu comme « bien d’intérêt culturel » aux Canaries.

Il est reconnu comme « bien d’intérêt culturel » aux Canaries. Le saut du berger est une pratique traditionnelle pensée pour se déplacer sur les terres volcaniques et, après les périodes de confinement, il attire de nouveaux pratiquants.

Il  consiste essentiellement à utiliser un outil en bois ou une lance pour se déplacer comme s’il s’agissait d’un poteau. Les pratiquants enfoncent l’extrémité de la lance (regatón) dans le sol et adoptent différentes positions de main ou de corps, selon s’ils veulent descendre, grimper ou freiner.

Ces positions sont appelées mañas et liées à la position avec laquelle les mains et les bras sont placés sur la lance, et à la position adoptée par le reste du corps. Il est possible de sauter avec la lance sur le côté ou devant le corps.

Pour redescendre, les techniques les plus couramment utilisées sont le « bastoneo », un toboggan lisse avec la pointe de la lance reposant sur le sol. Une autre technique consiste à sauter avec la pointe bien appuyée sur le sol pour glisser et freiner plus tard avec elle, sans jamais reposer les pieds sur la falaise. Dans ces cas, la hauteur à descendre se limite à la longueur de l’outil.

Le président de la Federación Canaria de Salto del Pastor, Juan Alemán, explique : « avec la pandémie, beaucoup de gens ont rejoint notre organisation. Je crois que le désir de liberté était si grand que cela donne envie d’aller sur les falaises. Ici pas besoin de distance de sécurité, il y a la falaise, et vous. »

Juan Alemán assure cependant que « ce n’est pas considéré comme un sport ». Son objectif est de préserver la pratique du brinco dans les îles et de maintenir « son lien étroit et permanent avec ses origines« . Aujourd’hui, ceux qui pratiquent le salto ne doivent pas nécessairement être bergers, ni sauter comme par le passé. L’outil de travail a aujourd’hui une composante ludique, avec un risque modéré, et permet de profiter de la nature et de maintenir la tradition.

Laurent Guena

Rédacteur en chef adjoint.
Contact: laurent.guena@sport-et-tourisme.fr

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