Du désert aux montagnes, le Sud de l’Arizona se découvre au grand air (partie 1)

Ambiance western, influences mexicaines, décors de cinéma et culture amérindienne : l’Arizona offre une expérience dépaysante aux amateurs d’authenticité et d’aventure. Entre sites emblématiques, villes chargées d’histoire et grands espaces, Sport et Tourisme est parti à la découverte de cette région haute en couleurs. Reportage.

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Marcher au milieu des cactus saguaros et des reliefs rocheux, une belle façon de découvrir le désert de l’Arizona. ©Stéphane Jaladis

Cet Etat du sud-ouest des États-Unis offre ainsi une expérience unique aux voyageurs en quête d’authenticité, d’aventure et de grands espaces. Monument Valley en tête mais aussi Tombstone, Sedona et les Superstition Mountains, près de Phoenix ont d’ailleurs inspiré des réalisateurs pour les décors de leurs films ou séries. Ainsi, 3h10 to Yuma, Indiana Jones, The Kingdom, La planète des Singes, The Last man on Earth… L’Arizona abrite même de vrais plateaux de tournage avec le Old Tucson Studios, fausse ville de western où plus de 400 productions ont été tournées. L’Arizona permet enfin d’approcher la culture amérindienne, l’Etat comptant pas moins de 22 communautés dont quelque 320 000 Navajos.

Phoenix, la métropole du désert

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Phoenix, la métropole de l’Arizona, s’étend au cœur des paysages désertiques du Sud-Ouest américain. ©Visit Phoenix

Phoenix est devenue la porte d’entrée en Arizona depuis l’ouverture en 2024 du vol direct d’Air France au départ de Paris-CDG. L’occasion de profiter d’un agréable soleil d’hiver. Au cœur de la vallée du Soleil, la ville de 2 millions d’habitants est réputée pour son dynamisme économique grâce aux nouvelles technologies, au spatial, à la défense, la santé et les biosciences. Mais pour les touristes, celle-ci est d’abord connue pour son climat sec, ses paysages, son offre gastronomique et une vie artistique dynamique avec ses musées (le Phoenix Art Museum est à voir), galeries d’art et lieux culturels comme le Roosevelt Row Arts District connu pour ses fresques murales.

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Le Desert Botanical Garden rassemble une étonnante collection de plantes emblématiques des déserts du monde, dont les majestueux cactus saguaros. ©DR

La visite du Desert Botanical Garden s’impose également en raison de sa myriade de plantes recréant l’écosystème des déserts de ce territoire que domine l’impressionnant cactus Saguaro. Ce paysage aride se dévoile en empruntant les chemins de randonnée du Camelback Mountain, la célèbre montagne en forme de bosse qui surplombe la ville et sa skyline. Autre site naturel apprécié des amateurs de nature, South Mountain Park and Preserve, l’un des plus grands parcs urbains des États-Unis. Vous y trouverez des dizaines de kilomètres de sentiers pour la randonnée, le vélo et l’observation des couchers de soleil, une pratique répandue ici en buvant un verre.

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Emblématiques du désert de Sonora, les cactus saguaros dressent leurs silhouettes impressionnantes dans les paysages de l’Arizona. ©Stéphane Jaladis

Scottsdale, l’oasis luxe et arty

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Avec ses murs blanchis à la chaux, la Old Adobe Mission témoigne des racines historiques et mexicaines de Scottsdale. ©Stéphane Jaladis

Phoenix est indissociable de Scottsdale, sa jumelle de l’Ouest réputée pour sa douceur de vivre, ses boutiques de luxe, ses golfs verdoyants, ses spas raffinés, ses bars branchés et tables gastronomiques. Fondée en 1888 par Winfield Scott, un aumônier militaire, la ville de 250 000 habitants a conservé quelques bâtiments de la fin du XIXème siècle.

Destination de vacances des américains huppés, elle cultive son côté arty grâce à son Musée d’Art contemporain (SMoCA) à la programmation pointue, ses dizaines de galeries et ses sculptures contemporaines qui parsèment le quartier historique d’Old Town. Reconnaissable à son enveloppe en acier corten burinée par les éléments, le Scottsdale Museum of the West est incontournable pour une première approche de l’histoire de l’Ouest américain, de la vie des cowboys et des native americans. Cette dernière culture est présentée au travers de vêtements, parures, céramiques Hopi et objets artisanaux. Ouvert il y a une dizaine d’années, le musée aux riches collections s’agrandit déjà suite à une donation comprenant notamment une série de tableaux de John Clyner. Très réalistes, ces toiles dépeignent la vie dans l’Ouest américain durant la première moitié du XIXème siècle quand les trappeurs pratiquaient le troc avec les Indiens, que des aventuriers comme Lewis et Clarck s’aventuraient dans ces terres reculées.

A quelques rues, la toute blanche Old Adobe Mission est la plus vieille église de Scottsdale, édifiée dans les années 1920 par les fermiers travaillant dans les champs de coton qui couvraient à l’époque les terres alentours. Avec ses milliers d’hectares de désert, la MacDowell Sonoran Preserve proche de la ville se découvre lors de superbes balades à pied, en VTT ou à cheval. Mais aussi depuis les airs de bon matin grâce aux vols en montgolfière assurés par Hot Air Expeditions. Une expérience inoubliable d’une heure environ alors que le lever du soleil réchauffe et réveille progressivement le désert.

Une randonnée dans le Pinnacle Peak Park

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Le Pinnacle Peak Park dévoile toute la beauté des paysages arides de l’Arizona. ©Stéphane Jaladis

La randonnée jusqu’au Pinnacle Peak Park est facile à réaliser. Le parc naturel dont les horaires varient selon les saisons (5h00-20h00 l’été, 7h00-17h30 l’hiver) dévoile de superbes panoramas le long de ce chemin qui louvoie entre plusieurs pics. Les plus sportifs l’avalent en courant de bon matin. Alors qu’elles ne reçoivent que quelques gouttes de pluie par an, des plantes obstinées poussent entre les pierres, certaines donnant même naissance au printemps à de belles fleurs colorées : creosote, chuparosa, palo verde, ocotillo… Une multitude d’animaux se cachent dans les anfractuosités de ce paysage tels ces iguanes et ces petites souris du désert détalant promptement. Compter au moins deux heures aller-retour (il n’y a pas de boucle) pour une marche à un rythme soutenu en n’oubliant pas sa casquette, ses lunettes de soleil, de la crème solaire, des chaussures de marche et, surtout, de l’eau.

Séjourner à Scottsdale

Le Four Seasons, un resort exclusif aux portes du désert

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Niché au pied des reliefs rocheux de Pinnacle Peak, le Four Seasons Scottsdale offre une parenthèse de luxe au cœur du désert. ©Stéphane Jaladis

Entouré de reliefs granitiques dont le Pinnacle Peak facilement accessible à pied, le Four Seasons Resort Scootsdale à Troon North s’intègre parfaitement à son environnement désertique. Havre de zénitude pour se remettre du vol depuis Paris, ses 210 chambres sont réparties dans de petites casitas d’allure mexicaine dont les terrasses offre une vue imprenable sur un paysage parsemé de cactus saguaros. Le calme y est de rigueur y compris autour de sa vaste piscine dont l’eau est particulièrement bienvenue quand les températures dépassent les 40°C en été. Le restaurant Talavera et son bar en onyx pour ses cocktails -margarita en tête- sont très prisés des clients. Comme dans nombre d’hôtels de luxe de Scottsdale, le spa est l’une des expériences bien-être de ce séjour. Les ses soins sont réalisés à l’aide de sève de cactus ou d’agave, d’argile minérale ou d’huiles essentielles élaborées localement. Le Four Seasons dispense aussi des séances de yoga et de méditation en extérieur afin de profiter de cet environnement ressourçant. Il met à disposition des raquettes pour jouer au tennis et au pickleball, sport populaire aux USA. Les golfeurs bénéficient d’un accès privilégié au Troon North Golf Club, une navette gratuite reliant l’hôtel au parcours.

Retour dans les années 50 au Valley Ho

Adresse emblématique depuis son ouverture en 1956, le Valley Ho a vu autrefois défiler de nombreuses stars du 7ème art dont Tony Curtis, Zsa Zsa Gabo, Bing Crosby… Sans oublier Nathalie Wood et Robert Wagner qui s’y marièrent. Le côté fifties de son architecture et de sa décoration a été remis à l’honneur dans le cadre de sa récente rénovation lui donnant des allures de resort californien en plein Arizona. L’établissement de 241 chambres compte notamment un vaste restaurant ainsi que deux piscines, « l’Oh Pool » familiale et animée entourée de cabanas pour une journée de détente, la seconde zen située dans la partie de l’hôtel réalisée dans les années 1960.

Boire un verre

Platform 18 à Phoenix


Ouvert en 2019, ce bar à cocktails propose une immersion dans un wagon Pullman des années 1920 dont différents décors défilent par les fenêtres (New York ou les Rocky Mountains), avec le bruit sourd et les klaxons du train pour faire plus réaliste. Lumières tamisées, musique jazzy, les barman excellent derrière le bar pour élaborer les meilleurs cocktails maison aux noms évocateurs : 21 Hours to Louisville, Fortune 500, The West Side Cowboy, A Dance of Madness, Nobody wants me… L’originalité est de mise dans les associations d’alcools et de saveurs !
Platform 18 est ouvert de 16h00 à minuit en semaine, 14h30 à minuit le week-end. Réservation conseillée.

Taliesin West, chef d’œuvre de Frank Lloyd Wright

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Taliesin West, un chef-d’œuvre architectural où la pierre, la terre et la lumière du désert dialoguent avec élégance. ©Stéphane Jaladis

Les amoureux d’architecture et de design ne manqueront pas de visiter Taliesin West, l’atelier d’hiver de Frank Lloyd Wright qui entendait ainsi échapper aux neiges du Wisconsin où il résidait habituellement. Erigé à partir de 1937 avec l’aide de ses apprentis, la maison fut constamment agrandie et modifiée jusqu’au décès du grand architecte américain en 1959. Le smartphone faisant office d’audioguide, le parcours d’une heure explique le cheminement créatif et la fonction des pièces de cette immense maison-atelier d’archi qui s’intègre parfaitement à son environnement désertique. Le désert et sa lumière guidèrent les choix architecturaux via une utilisation des pierres et de la terre du site qui sont incorporés dans les murs, de larges baies ouvertes sur le paysage, des lignes droites et angles géométriques, une ventilation naturelle des espaces… Classé au Patrimoine mondial de l’Unesco, l’édifice se distingue ainsi par son côté brut et minéral aux couleurs rouge et ocre, véritable laboratoire d’expérimentation pour Wright et son équipe.

Stéphane Jaladis

Journaliste

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