SailGP : Valence transforme le sport en levier touristique
En accueillant pour la première fois une étape du SailGP, les 5 et 6 septembre, Valence confirme ses ambitions dans le tourisme sportif. La destination mise sur les grands événements pour renforcer sa visibilité, remplir ses hôtels et attirer de nouveaux visiteurs.

À Valence, les amateurs de sport ont l’embarras du choix. Les passionnés de football peuvent suivre « Los Ches », surnom donné aux joueurs du Valencia CF, au stade Mestalla, tandis que les basketteurs évoluent à la Roig Arena sous les couleurs des « Taronges », les « Oranges ». Le 19 avril dernier, la ville a également accueilli la troisième édition de l’Ironman 70.3. Le semi-marathon se tiendra le 25 octobre, avant le Marathon de Valence, le 6 décembre, pour sa 46ème édition.
Avec un départ et une arrivée à la Cité des Arts et des Sciences, cette course est désormais l’un des grands rendez-vous internationaux de l’athlétisme. Elle bénéficie du label World Athletics Platinum et pourrait réunir jusqu’à 36 000 coureurs. Les amateurs de sports mécaniques auront, eux, rendez-vous fin novembre pour le Grand Prix MotoGP de Valence.
Treize équipes, treize pays
Mais les 5 et 6 septembre, c’est à la Marina de Valence que se concentrait l’attention. Le Rolex SailGP Championship y faisait pour la première fois escale. Le championnat international de voile à grande vitesse réunit treize équipes représentant treize pays : Australie, Canada, Danemark, Espagne, États-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie, Nouvelle-Zélande, Suède, Suisse, Allemagne et Brésil. Spectacle garanti très près du littoral !
À bord de catamarans F50 identiques équipés de foils, les équipages dépassent les 100 km/h. Même le plus grand néophyte en voile s’enthousiasme en admirant ces catamarans voler au-dessus de l’eau à cette vitesse folle. Installés au plus près du littoral, les spectateurs bénéficient d’une proximité qui contribue au spectacle.

Une stratégie construire autour de la voile
SailGP a choisi Valence pour accueillir le Grand Prix d’Espagne au moins jusqu’en 2028. Une arrivée qui vient concrétiser plusieurs années de discussions, une première prise de contact ayant été établie avec la ville dès 2018.
David Gomez, responsable produit de Visit Valencia, met en avant les atouts du plan d’eau valencien : « Chacun sait que la zone maritime dont nous disposons à Valence est l’un des meilleurs endroits d’Europe pour pratiquer la voile. Pas uniquement grâce aux conditions de vent, mais aussi grâce aux conditions météorologiques. […] Et surtout, le vent arrive généralement au moment où il est censé arriver », explique-t-il.
Valence dispose également d’une expérience déjà solide dans l’accueil de grands événements nautiques. La ville avait notamment accueilli la 32ème édition de la Coupe de l’America en 2007. Le SailGP vient ainsi s’inscrire dans un héritage et une stratégie plus larges autour de la voile.
Toucher de nouveaux publics et susciter l’envie de revenir
« Nous avons toujours cherché à attirer de grands événements liés à la voile », explique David Gomez. La ville avait également envisagé d’accueillir des championnats olympiques de voile, mais le coût du projet s’est finalement révélé trop élevé. Le choix s’est alors porté sur le SailGP, un championnat en plein développement.
Pour Valence, la voile ne constitue pas un simple spectacle sportif. Elle s’inscrit dans une stratégie de développement à long terme de la destination. La municipalité et les acteurs touristiques misent sur l’exposition internationale offerte par la compétition pour toucher de nouveaux publics et susciter l’envie de revenir. « Des habitants vont peut-être découvrir Valence grâce à cet événement et se dire : « Je vais visiter Valence à l’occasion de la prochaine compétition. » Donc, en termes de tourisme, c’est très positif pour nous », souligne David Gomez.
93 à 95% de taux d’occupation des hôtels
Les premiers résultats sont encourageants. « Du jeudi au dimanche, nous avons enregistré un taux d’occupation des hôtels d’environ 93 à 95%. Bien supérieur à la normale ! », indique le responsable de Visit Valencia.
L’enjeu dépasse toutefois le seul tourisme de loisirs. Pour la destination, la visibilité générée par le SailGP peut également déboucher sur de nouveaux événements professionnels. « Le SailGP demeure l’un des trois événements les plus importants dans le domaine de la voile », estime David Gomez. La présence de grandes marques et de sponsors peut ainsi contribuer, à terme, à attirer des congrès, des voyages de motivation, des séminaires ou d’autres événements professionnels.
Le SailGP fonctionne donc comme une véritable « carte de visite » pour Valence. La destination estime que la réussite de l’événement peut contribuer à en attirer d’autres. « À chaque fois que nous faisons savoir que nous organisons des événements dans la ville et qu’ils sont bien organisés, d’autres événements souhaitent ensuite revenir à Valence ou découvrir la ville », poursuit David Gomez. Il cite notamment plusieurs congrès dont les participants ont découvert la destination grâce à la télévision ou à un événement sportif.
Cette dynamique peut également avoir des effets sur l’offre touristique. « Lorsque la ville se développe sur le plan touristique, nous avons besoin d’attribuer davantage de licences hôtelières », explique-t-il.
Un investissement de 14 à 16 millions d’euros
L’accueil du SailGP représente un investissement important pour les collectivités. Le coût de l’événement est estimé entre 14 et 16 millions d’euros sur trois ans. La Région de Valence apporte 10 millions d’euros, la province de Valence 800 000 euros par an et le conseil municipal 1,2 million d’euros par an.
En retour, SailGP a annoncé 100 millions d’euros de retombées économiques sur trois ans. Une estimation que l’organisateur appuie notamment sur l’expérience de Cadix, qui a accueilli quatre éditions du championnat. « C’est ce que SailGP nous a promis. Cela a déjà été fait à Cadix », rappelle David Gomez, précisant que le chiffre a été calculé par une société spécialisée dans ce type d’évaluation.
À Valence, le pari est donc clair : utiliser le sport pour renforcer la notoriété de la destination, générer des retombées économiques et favoriser l’arrivée de nouveaux visiteurs comme de nouveaux événements. Le SailGP constitue une nouvelle étape dans cette stratégie.
Quentin Delapierre : « Des conditions optimales à Valence ! »

Le skipper français de 34 ans du DS Automobiles SailGP Team France revient sur les conditions de course à Valence, la proximité avec le public et les spécificités du SailGP.
Comment avez-vous trouvé le plan d’eau de Valence par rapport à ceux que vous avez déjà connus ?
Valence, c’est vraiment très sympa ! On peut être très proche des spectateurs, et c’est ce qu’on recherche tous en SailGP. On est vraiment au contact des fans. Cela permet de rapprocher notre sport du public. Les conditions sont également optimales ici. Il y a quotidiennement une brise thermique, donc on sait à peu près à quoi s’attendre. Pour ce type de bateau, c’est idéal.
Les conditions sont-elles particulièrement différentes à Valence ?
En SailGP, on peut vraiment avoir de tout. À New York, par exemple, le vent peut faire des 360 degrés, ce qui rend les courses très compliquées. À Valence, c’est beaucoup plus « calé ». Je me répète, mais ce qui est aussi superbe ici, c’est la proximité avec le public.
Les conditions de vent et de météo à Valence favorisent-elles certains équipages ?
Pas vraiment. D’autant que le niveau est assez homogène. Il y a certaines équipes très fortes, mais les conditions ici n’en avantagent pas davantage une que les autres.
À quel moment d’une course sentez-vous que tout peut basculer ?
À tout moment ! (Sourire.) Sur un plan d’eau comme celui de Valence, on sait qu’un bon départ est très important. Dans le cas contraire, il est très compliqué de revenir. Ensuite, pendant la course, il peut se passer énormément de choses. Il faut donc rester le plus « focus » possible pour essayer de trouver sa route.
« J’aime beaucoup cette proximité avec le public »
Dans votre discipline, quelle est la principale difficulté à surmonter : la vitesse, la pression, la concentration ?
C’est bien difficile de répondre à cette question. On essaie de pratiquer notre sport avec l’expérience dont on dispose et avec le plus de précision possible.
Que signifie pour vous le fait de représenter la France ?
C’est une immense fierté ! Cela m’est arrivé plusieurs fois au cours de ma carrière. J’essaie toujours de porter haut, et avec responsabilité, les couleurs de mon pays.
Avez-vous pu faire un peu de tourisme à Valence ?
Non, malheureusement. Nous n’avons pas le temps avec la compétition…
Ce qu’il ne faut pas manquer à Valence
Ville méditerranéenne située à 90 minutes de Madrid en train, Valence combine patrimoine historique, architecture contemporaine et nombreux espaces verts. L’aéroport, à une vingtaine de minutes du centre en métro, est relié à plus de 100 aéroports dans 28 pays. La ville accueille également près de 300 escales de bateaux de croisière chaque année.
Avec 29 parcs et jardins, plus de 5 km2 d’espaces verts et plus de 200 km de pistes cyclables urbaines, Valence se découvre aussi à pied ou à vélo. Voici quelques sites à ne pas manquer.
El Corte Inglés

L’équivalent espagnol des grands magasins parisiens comme les Galeries Lafayette ou le Printemps. Fondé en 1940 à Madrid, El Corte Inglés compte aujourd’hui plus de 75 magasins en Espagne et au Portugal, dont quatre à Valence. On y trouve notamment mode, accessoires, parfumerie, bijouterie et horlogerie.
La Lonja de la Seda

Classée au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1996, la Halle de la Soie a été construite entre les XVe et XVIe siècles. Ce bâtiment gothique civil témoigne de l’importance commerciale de Valence à l’époque de son âge d’or.
La cathédrale de Valence
Construite à partir du XIIIe siècle, la cathédrale présente un mélange de styles architecturaux, du roman au baroque en passant par le gothique. Elle constitue l’un des principaux monuments historiques de la ville.
Le Miguelete
Cette tour-clocher gothique, construite entre 1381 et 1424, est l’un des symboles de Valence. Pour atteindre son sommet, il faut gravir 207 marches. À près de 51 mètres de hauteur, la tour offre un point de vue panoramique sur la ville.
L’église San Nicolás
Cette église du XIIIe siècle est notamment connue pour ses près de 2 000 m² de fresques et sa décoration baroque. Elle est parfois surnommée la « Chapelle Sixtine valencienne ».
Le Marché central
Installé dans un bâtiment moderniste de plus de 8 000 m2, le Marché central rassemble plus de 250 étals consacrés notamment aux produits frais. Un bon point de départ pour découvrir les spécialités et les produits locaux.
La Cité des Arts et des Sciences
Conçu notamment par l’architecte valencien Santiago Calatrava, ce vaste complexe consacré aux sciences et à la culture s’étend sur environ deux kilomètres dans l’ancien lit du Turia. Son architecture futuriste est devenue l’une des images emblématiques de Valence.
Les Arènes

Inaugurées en 1859, les arènes de Valence se distinguent par leur architecture en briques et leurs 384 arches. Elles accueillent aujourd’hui différents événements, notamment des concerts.
L’Hôtel de Ville
Situé au cœur de la ville, l’Hôtel de Ville de Valence se distingue par son architecture néoclassique. Le bâtiment abrite les services du gouvernement municipal.
L’église des Santos Juanes
Construite à partir du XIIIe siècle, cette ancienne église gothique a été largement remaniée au fil des siècles. Elle abrite notamment plusieurs éléments de décoration baroque.
Les tours de Serranos
Édifiées entre 1392 et 1398, ces deux tours gothiques constituent l’un des principaux vestiges des anciennes fortifications médiévales de Valence. Elles ont eu à la fois une fonction défensive et cérémonielle.
L’hôtel Las Arenas Balneario Resort
Installé face à la Méditerranée, cet hôtel cinq étoiles occupe le site de l’ancien Balneario Las Arenas, fondé en 1898. Les bâtiments historiques ont été conservés et complétés par des installations contemporaines, dont un spa.
Le stade Mestalla

Inauguré en 1923, Mestalla est l’un des plus anciens stades de football d’Espagne. Il accueille les rencontres du Valencia CF et constitue un passage intéressant pour les amateurs de sport.
L’Albufera
À une dizaine de kilomètres du centre, le parc naturel de l’Albufera offre un autre visage de Valence. Son lac d’eau douce, entouré de rizières, constitue le cœur de cet espace naturel où vivent de nombreuses espèces d’oiseaux. Des balades en bateau permettent notamment de découvrir le site.
Le jardin du Turia
Long de neuf kilomètres, le jardin du Turia occupe l’ancien lit du fleuve, détourné après les inondations de 1957. Transformé en vaste espace vert, il traverse aujourd’hui la ville et constitue l’un de ses principaux lieux de promenade, notamment à vélo.
