Stop à l’improvisation
Après la démission d’Edgar Grospiron, les JO Alpes 2030 se retrouvent sans pilote en plein décollage. Le CIO assure que le projet repose sur des « bases solides ». Mais depuis 2024, la gouvernance donne surtout le sentiment de naviguer à vue.
Le problème dépasse le seul président et son successeur. Il révèle surtout un problème de méthode : annoncer les Jeux avant d’avoir sécurisé les équipes, les sites et les moyens nécessaires à leur organisation. Depuis le lancement du projet, les départs se multiplient et le calendrier avance dans un contexte toujours aussi flou.
La géographie des Alpes 2030 ne simplifie rien : deux régions, plusieurs territoires, des sites éloignés, un pôle glace à Lyon et du patinage de vitesse aux Pays-Bas. Un non-sens ! Une telle dispersion exige une coordination sans faille. Elle devrait conduire à renforcer le pilotage. C’est pourtant l’inverse qui semble se produire, avec une organisation contrainte de gérer les urgences plutôt que de dérouler une stratégie.
Pour le tourisme de montagne, l’enjeu est majeur. Les Jeux doivent servir de vitrine aux Alpes, attirer de nouveaux visiteurs, mieux répartir les flux et accompagner l’adaptation des stations au changement climatique. Chaque réorganisation fait perdre du temps pour préparer les investissements, les partenariats et surtout l’après-2030.
La comparaison avec Paris 2024 est forcément tentante. Le contexte est différent, mais le contraste est saisissant. D’un côté, un projet concentré et une gouvernance stabilisée ; de l’autre, un événement éclaté sur plusieurs territoires, avec une direction qui se recompose en cours de route. Sans cap clair ni capacité à trancher rapidement, la complexité d’Alpes 2030 pourrait devenir son principal handicap.
Le prochain président, qui pourrait être désigné cette semaine à l’issue de l’assemblée générale extraordinaire, n’aura pas droit à une période d’essai. L’enjeu n’est pas de choisir un nom connu, mais un véritable chef d’orchestre, capable de restaurer la confiance, de stabiliser les équipes et de remettre le Cojop sur une trajectoire claire. Le temps presse.
