Tour de France, étape 13 et 14 : Les Pyrénées, ses cols et ses châteaux

L’arrivée du peloton, samedi, dans les Pyrénées tournera au toboggan à partir de Montségur : la citadelle du vertige et ses rudes pentes, puis les cols de la Croix des Morts et de Saint-Louis, qu’on atteindra en empruntant le spectaculaire viaduc de l’Escargot. Le lendemain, les coureurs passeront par Prades, Font-Romeu, le col de Puymorens, le port d’Envalira et Beixalis, dont les pentes sont aussi dures à monter que délicates à descendre.

Pyrénées
Le château de Puilaurens @Sylvain Dossin

Samedi 10 juillet, à voir sur la route

Château de Caudeval
Le site était une terre des comtes de Foix. Le château fut pris par les troupes de Simon de Monfort au XIIIe siècle puis par les protestants pendant les guerres de religion. À partir du XVIIe siècle, le château devint la propriété des comtes de Rochecouart-Faudoas. Signe particulier : au milieu du XVème siècle, il a appartenu à Jean d’Aulon, écuyer de Jeanne d’Arc et conseiller du roi.

Château de Chalabre
Le château fut confié par Simon de Montfort au Baron Pons de Bruyère le Châtel, en 1210. Il fut ensuite remanié plusieurs fois au cours des siècles. L’association qui gère le château l’a transformé en parc de loisirs historique et participatif. Spectacle équestre en lice de chevalerie, adoubement d’un enfant du public, agilité à la javeline (crevé de ballons), danses médiévales, accrobranche médiéval…

Col de Montségur (1 059 m)
Le col est emprunté pour la première fois sur le Tour de France en troisième catégorie en 2002
lors de la treizième étape reliant Lavelanet à Béziers, avec un passage en tête de Laurent Jalabert. Il est franchi par l’autre versant lors du Tour de France 2019 au titre d’un col de deuxième catégorie lors de la quinzième étape de Limoux (Aude) à Foix – Prat d’Albis à 60,5 km du départ : Michael Woods y passe alors en tête.

Château de Puilaurens
Bien quelques pierres aient été arrachées, notamment sur les créneaux et les bords de fenêtres/porte (de meilleure taille), et que les bâtiments de la cour soient détruits, le château est dans un bon état.
Passé aux mains de Saint Louis vers 1250, qui en fait l’un des cinq « fils de Carcassonne », ces châteaux perchés protégeant le royaume contre l’Espagne. Il est abandonné en 1659 à la signature du Traité des Pyrénées qui fixe la frontière.

A voir à Quillan, ville d’arrivée

Le château
Situé sur la rive droite du fleuve, il domine la ville basse de Quillan depuis le XIVe siècle. De plan carré, cantonné de quatre échauguettes, on y pénétrait par une majestueuse tour-porte haute de plusieurs étages. Siège de l’administration des Archevêques de Narbonne, il pouvait, à l’occasion, leur servir de résidence. Détruit une première fois lors des guerres franco-aragonaises, il fut arasé et transformé en batterie d’artillerie.
Après avoir été utilisé comme carrière de pierres pour d’édification de bâtiments, il a fait l’objet de trois campagnes de fouilles et d’un début de restauration.
Désormais, du haut du château, on peut admirer une très belle vue de la ville ainsi que des montagnes environnantes.

L’église Notre Dame de l’Assomption
En quittant le château par le pont vieux on traverse la place pavée de la République et l’on aperçoit la tour carrée d’une trentaine de mètres qui est le clocher de l’église. C’est une bâtisse de style roman qui date du XIVe siècle. La richesse de l’intérieur laisse sans voix…
On peut y découvrir :
La chaire en bois du XIXe siècle, avec un escalier en fer forgé provenant de la cathédrale d’Alet, ainsi que la clôture du chœur qui est en marbre de Caunes en Minervois. Une très belle Pietà. Les orgues datant de 1793. Une série de tableaux offerts par Napoléon III, représentant des personnages bibliques. Un lustre de cristal et bronze provenant de Saint-Pétersbourg et datant du XIXe siècle.

Parc et lac du Saint-Bertrand
Récemment aménagé, le lac constitue un havre de paix et de fraîcheur. Il dispose de deux plans d’eau. Le premier dédié à la baignade propose des plages partiellement ombragées par la frondaison des arbres, l’une de sable, l’autre de galet. Le second plan d’eau est davantage basé sur des activités de pêche, paddle, kayak…

Hôtel de Ville
L’Hôtel de Ville, situé rue de la Mairie, est un ancien immeuble ayant appartenu au seigneur d’Espezel, à la suite du comte Albert de la Rochefoucauld, celui-là même qui avait créé les Forges catalanes au lieu-dit la Forge.La particularité du bâtiment est le hall d’entrée et sa très belle rampe d’escalier en fer forgé aux volutes Louis XV. L’escalier débouche sur un couloir au centre duquel s’ouvre le grand salon tendu de soie du plus beau style XVIIIe… C’est actuellement la salle des mariages.

Le Chalet de Carach
Au bout d’un chemin dominant les vallons du luc et de la Carbasse, se trouve l’original Chalet de Carach. Construit en 1906 à l’initiative du Touring Club de France sur la montée du col de l’Acamp, dans la forêt de la Pinouse, près d’une petite source où jadis existait , à proximité, un hameau aux vestiges peu visibles. Il est l’un des stigmates d’un projet de complexe thermal.

Le Défilé de la Pierre-lys
D’impressionnantes gorges se trouvent sur la route entre Quillan et Axat, forgées par le fleuve Aude qui a érodé durant des millénaires la roche calcaire sur 2 km, pour créer des falaises verticales hautes de 400 à 600 m, sensations garanties ! Le premier coup de pioche fut donné en 1781 par le curé Félix Armand, puis ce fut le marquis d’Axat qui entreprit la construction de la route.

Dimanche 11 juillet, à voir sur la route

Font-Romeu-Odeillo-Via
La vocation touristique et sanitaire de la commune commence au début des années 1900. Les premiers équipements touristiques, chalets, hôtels, sanatorium se construisent (le Balcon de Cerdagne est inauguré en 1924), puis les remontées mécaniques apparaissent en 1937.
Le site olympique, créé pour la préparation de l’équipe de France pour les Jeux de Mexico en 1968, est inauguré en 1967, près du centre du village, et devient le Centre national d’entraînement en altitude. De nombreuses équipes nationales et internationales continuent d’utiliser le centre pour leurs préparations aux grands rendez-vous. Mo Farah, double champion olympique sur 5 000 m et 10 000 m en 2012, ou le biathlète Martin Fourcade, qui y a effectué toute sa scolarité, font partie des champions récents à s’y être entraînés. Font Romeu a également été utilisé comme camp de préparation pour le Tour de France par plusieurs équipes, tout récemment par Total Direct Énergie pour l’édition 2020.
Font-Romeu a accueilli à deux reprises le Tour de France pour des départs d’étape en 1968 (victoire de Roger Pingeon à Albi) et en 1976 (victoire de Willy Teirlinck à Saint-Gaudens).

Château de Carol
Le château appartient au roi Jacques III de Majorque et doit se soumettre à Pierre IV d’Aragon en 1344 après son entrée en guerre contre le roi de Majorque. Après le traité d’Olite signé le 12 avril 1462 entre Jean II d’Aragon et Louis XI, ce dernier fait occuper les comtés de Roussillon et de Cerdagne. Les Français occupent le château en 1463. Après le traité de Narbonne ou Barcelone, en 1493, ces deux comtés sont rendus à Ferdinand II d’Aragon. Le château est démoli par les Français après le traité des Pyrénées qui rattache le Roussillon au royaume de France.

Port d’Envalira
Il s’agit du col le plus élevé des Pyrénées (2 409 m), où le Tour de France passera pour la 10e fois au cours de l’étape précédente entre Céret et Andorre-la-Vieille. Les plus grands grimpeurs de l’histoire du Tour (Federico Bahamontes en 1964 ou Richard Virenque à deux reprises en 1997), l’ont franchi en tête. La légende du Port d’Envalira débute en 1964 lorsque Jacques Anquetil, mal remis d’un méchoui/sangria ingurgité la veille, est lâché par Poulidor et Bahamontes. Requinqué par un bidon de champagne tendu par son directeur sportif Raphaël Geminiani, maître Jacques est revenu dans la descente pour finalement remporter le Tour. Le col a également été deux fois au programme de la Vuelta. Le Pas de la Case se trouve dans la paroisse d’Encamp, à une trentaine de kilomètres de l’Alto els Cortals d’Encamp où, en 2019, Tadej Pogacar avait marqué les esprits en s’imposant sur la une étape de la Vuelta devant Nairo Quintana et Primoz Roglic.

Col de Beixalis
Depuis Encamp, l’ascension est longue de 6,6 km avec un dénivelé positif de 556 m pour une pente moyenne de 8,4 %. Les pentes les plus sévères dépassent 10 % avec un passage maximal à 16 % situé au niveau du village de Vila. Dans le Tour de France 2016, Thibaut Pinot y était passé en tête. La Vuelta a également emprunté ce col à deux reprises en 2015 (Omar Fraile) et en 2018 (Bauke Mollema).

A voir à Andorre-La-Vieille, ville d’arrivée

Casa de la Vall
La Casa de la Vall est l’un des monuments les plus caractéristiques de la Principauté. Construite en 1580, elle abrita le siège du Conseil général d’Andorre. Aujourd’hui située au cœur du centre historique de la capitale, elle illustre parfaitement la beauté des constructions traditionnelles d’Andorre-la-Vieille.
Les diverses modifications qui y ont été apportées au cours du temps, surtout pendant la deuxième moitié du siècle dernier, n’ont fait que rehausser la beauté intérieure et extérieure d’un des bâtiments les plus représentatifs d’Andorre. L’architecture de la Casa de la Vall est mixte, puisqu’elle incorpore des éléments défensifs sur un bâtiment destiné aux usages civils : le faîte de la façade, le mâchicoulis sur le portail, ainsi que la tour adossée, avec des mâchicoulis et des meurtrières dans la partie supérieure. Le portail est en pierre de taille, avec un arc en plein cintre ; à sa droite on peut observer les anciennes armoiries d’Andorre, et dessus l’écusson en pierre polychrome de 1763 et sur la clef de l’arc les armoiries de la famille Busquets et la date de construction.

Pyrénées

Chapelle de Sant Andreu
Située sur la rue Sant Andreu, la chapelle du même nom possède un plan rectangulaire ; l’abside est semi-circulaire et le clocher-mur d’une seule baie. Bien qu’il soit difficile de la dater, étant donné les modifications subies, quelques éléments permettent de l’inclure originairement à l’époque romane : l’orientation est-ouest, la porte en arc en plein cintre située sur le mur sud, l’appareil du mur de l’abside et d’une partie de la nef. Un autre élément qui confirme son appartenance au roman est la lipsanothèque procédant de cette chapelle, conservée au Musée épiscopal de Vic, datée du XIIe siècle.

Circuit culturel de la capitale de l’Andorre
Cette promenade dans le centre historique de la capitale andorrane entraîne à la découverte de son histoire, de ses traditions, de son art (peintures, sculptures), de sa culture et plonge le visiteur dans le passé prestigieux d’Andorre-la-Vieille pour un voyage saisissant et mémorable. Les circuits nocturnes organisés pendant l’été valent assurément le détour : ils prennent la forme de représentations théâtralisées. Le guide n’est autre que Don Francisco de Zamora, un juge de l’Audience royale de Barcelone de la fin du XVIIIe siècle…

Église de Santa Coloma
C’est l’un des joyaux de l’art roman andorran et l’un des plus anciens temples de la Principauté. La nef de style préroman et son clocher circulaire, caractéristique du XIIe siècle, forment un ensemble d’une perfection rare.
Actuellement, la technologie permet de voir l’emplacement d’origine des peintures, à travers le mapping vidéo du musée Espai Columba.
L’église apparaît déjà sur l’acte de consécration de la cathédrale d’Urgell. Le temple préroman a subi différentes modifications au cours du temps, entre lesquelles on peut remarquer la construction du clocher de style lombard et la réforme de la porte d’entrée au XIIe siècle, ainsi que l’édification d’un porche devant le mur sud et l’installation d’un retable baroque à des époques postérieures.

Espai Columba
Inauguré le 21 mars 2019, le musée accueille les peintures et permet d’établir un dialogue avec l’église de Santa Coloma, située à une centaine de mètres du musée.
Les peintures romanes de Santa Coloma, un ensemble pictural du XIIe siècle qui constitue l’exemple le plus représentatif de l’art roman andorran, ont été rendues par l’Allemagne en 2007. Ces peintures dévoilent une représentation d’un pantocrator, placé originellement dans l’abside centrale de l’église de Santa Coloma, un collège apostolique composé de six disciples, deux frises et une annonciation.

Chemin du Roc del Solà
Avec le Rec de l’Obac, le chemin du Rec del Solà constitue un itinéraire de premier choix pour une randonnée réussie en Andorre. Facile d’accès et ne présentant aucune difficulté physique (aucun dénivelé positif ou négatif, ou presque), il peut être suivi par tous les membres de la famille. Situé dans la paroisse d’Escaldes-Engordany, ce trajet offre une vue en hauteur qui permet aux randonneurs d’admirer Andorre-la-Vieille dans son ensemble, ainsi que le somptueux panorama des montagnes environnantes.

Musée Jorge Lorenzo
Ouvert à proximité de l’avenue Meritxelle à Andorre-La Vieille, le musée abrite de nombreuses attractions dont des simulateurs MotoGP et de Formule 1. Il renferme surtout une incroyable collection de pièces, combinaisons et casques, rares ayant appartenu à des pilotes de moto et de grand prix, le tout rassemblé et collectionné par Jorge Lorenzo lui-même. On découvre des pièces rares portées par des pilotes tels que : Valentino Rossi, Marc Márquez, Casey Stoner, Barry Sheene, Alex Criville, Kenny Roberts, Freddie Spencer, Eddie Lawson, Wayne Rainey, Kevin Schwantz et Mick Doohan. Sont exposés également de très nombreuses combinaisons, casque et effets personnels de pilotes de course de F1 tels que Fernando Alonso, Sebastian Vettel, Lewis Hamilton, Jim Clark, Gilles Villeneuve, Emerson Fittipaldi, Niki Lauda, ​​Alain Prost, Ayrton Senna, Michael Schumacher et Phil Hilll, tout sur plus de 400m2.

Laurent Guena

Rédacteur en chef adjoint.
Contact: laurent.guena@sport-et-tourisme.fr

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