Quand la violence efface le sport
Un déluge de violences s’est abattu sur la France ce samedi 17 octobre. Hommage aux forces de l’ordre, mobilisées dans des conditions difficiles et constamment prises pour cible. Pour un pays qui se présente comme la première destination touristique mondiale, les images diffusées à l’étranger sont désastreuses.
Au-delà des innombrables commerces dégradés et des rues meurtries, ce sont aussi des rendez-vous sportifs et populaires qui ont été sacrifiés. À Bordeaux, un match de volley féminin a été annulé par arrêté préfectoral, deux heures avant le coup d’envoi, avant d’être reporté. À Paris, la course solidaire « Lumière & Vision » a été annulée. À Rennes, le mile et le 10 km du Marathon Vert n’ont pu se tenir, faute de garanties suffisantes pour assurer la sécurité des participants. Le lendemain, à Marseille, la Course pour la mémoire et « La Voie est Libre » ont été annulées. À Toulouse, la Fête des Vendanges a également été supprimée.
Par les temps qui courent, la prudence n’est pas une faiblesse. Aucun organisateur ne peut exposer sportifs, bénévoles et spectateurs à des risques. Mais ces annulations ne doivent pas devenir une fatalité. Derrière chacune d’elles, il y a des participants privés de leur rendez-vous, des organisateurs pénalisés et des territoires privés d’un moment de partage. Lorsque la violence empêche un événement de se tenir, c’est toute la vie en société qui recule.
L’enjeu dépasse le sport. Les images de violences circulent en boucle et en quelques minutes à travers le monde. Elles risquent ainsi d’éclipser les atouts que la France entend promouvoir, tels son patrimoine et son art de vivre. Car l’attractivité touristique repose aussi sur la confiance et le sentiment de sécurité.
Le sport devrait être une vitrine de la France, un espace de rencontre, de respect et d’émotion collective. Il ne peut devenir l’otage des violences. À l’image des Jeux olympiques en 2024, le pays doit pouvoir continuer à organiser et à accueillir ses événements sans que la peur dicte l’agenda. Cela devient difficile. Pour le sport comme pour le tourisme, la sécurité n’est pas une option. Elle est une condition essentielle de notre attractivité. La France ne peut se résigner à voir la violence décider à sa place. C’est mal parti.
