Charlotte Consorti, championne du monde de kitesurf : au nom du soleil, du voyage et du vent

Triple championne du monde de kitesurf, Charlotte Consorti est une grande voyageuse. Toujours en quête de nouveaux spots pour la pratique de sa discipline, l’actuelle détentrice du record du monde de vitesse nous confie ici ses plus belles expériences. Avec un gros coup de cœur pour les Bahamas.

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Avec une vitesse de 93 km/h établie en Namibie en 2010, Charlotte Consorti est la femme la plus rapide du monde sur l’eau à la voile

Vous avez grandi à Saint-Ouen en banlieue parisienne, un endroit bien éloigné de la mer ?

Oui c’est vrai mais je passais toutes mes grandes vacances chez mes grands-parents, respectivement à Tortoreto dans la région des Abruzzes en Italie, et au Croisic en Loire-Atlantique. C’est là que je me suis familiarisée avec la mer et que j’ai débuté les activités nautiques. D’abord l’optimiste, puis le catamaran et la planche à voile que j’aimais beaucoup.

Comment êtes-vous venue au kitesurf ?

Afin de vivre pleinement ma passion pour la mer, je me suis installée avec mon compagnon à Montpellier. Nous avons découvert le kitesurf à la fin des années 90. Nous avons débuté par des stages sur l’étang de Thau (Ndlr : avec une superficie d’environ 7 500 hectares, il s’agit du plus grand plan d’eau de la région Occitanie). Très vite la discipline nous a plu. C’est moins physique que la planche à voile et les sensations sont plus immédiates. En étant tracté, avec un cerf-volant, on s’amuse tout de suite. Il n’y a pas vraiment de phase d’apprentissage. Et puis le matériel est léger : une planche de petite taille, un petit sac, et en route pour l’aventure.

C’est tellement bien que vous avez décidé de faire de la compétition ?

Oui. Dans le kite, il existe différentes disciplines, le freeride (juste pour éprouver le plaisir de la sensation de glisse), le freestyle (exécution de figures lors de sauts vertigineux), le foil (lévitation au-dessus de l’eau), les vagues ou waves (remonter les vagues). Moi, après un peu de freestyle, je me suis spécialisée sur la vitesse. Le principe est simple : aller le plus vite possible sur une distance balisée de 500 mètres. Il y a une vraie montée d’adrénaline. Les sensations sont énormes, et contrairement au freestyle où ce sont des juges qui nous évaluent, là nous ne sommes pas obligés de se battre les uns contre les autres. On se bat avant tout contre le chrono et contre soi-même.

Et vous êtes devenue trois fois championne du monde de kitesurf, catégorie vitesse ?

Oui mon premier titre de kitespeed date de 2007 à l’issue de la Coupe du Monde. J’ai enchainé en 2008. Mon dernier titre date de 2012 à Salin de Giraud (Ndlr : non loin de Arles dans les Bouches-du-Rhône).

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Les Bahamas, la plus belle destination pour faire du kitesurf selon Charlotte Corsorti.

Vous détenez également le record du monde de vitesse de la catégorie ?

Absolument. C’était en 2010 à Lüderitz dans le Sud de la Namibie. Je suis devenue la femme la plus rapide du monde sur l’eau à la voile. J’ai passé la barre mythique des 50 nœuds en atteignant la vitesse de 93 km/h. J’en suis très fière d’autant plus que ce record n’a pas été encore battu.

Vous continuez la compétition. Vous êtes toujours en quête de nouveaux records ?

Même s’il n’y a plus de championnat du monde, je continue la compétition. Celle-ci se traduit désormais par des tentatives de records privés. Prochainement doit se tenir la tentative de record de vitesse du mile nautique à La Palme (Ndlr : entre Narbonne et Perpignan). Je ne sais pas si l’évènement sera maintenu et si je pourrai y participer.

Existe-t-il selon vous une philosophie kitesurf, un mode vie qui serait étroitement associé au voyage ?

Le kite et le voyage vont très bien ensemble. Mais je n’aime pas aller dans les lieux touristiques. Je préfère les endroits isolés, préservés, où l’on peut échanger facilement et naturellement avec la population locale. En l’absence de touristes, nous faisons parfois des rencontres incroyables. Notamment avec les enfants qui viennent nous voir. Sans doute parce que la voile que nous utilisons leur rappelle le cerf-volant. Nous jouons avec eux. Ils s’accrochent à nous et nous leur faisons faire des balades. Ces enfants, souvent issus de pays pauvres, n’ont rien ou presque, mais ils nous apportent beaucoup comme nous essayons de leur apporter beaucoup.

J’ai le souvenir d’un petit village au Sénégal où durant une semaine, tous les matins, un enfant venant de nulle part avec un pauvre t-shirt accourait me voir m’entrainer. Malgré une langue différente, nous nous sommes compris sans forcément nous parler. Il m’a appris à pêcher, trouver des coquillages… C’est un échange riche et une expérience humaine très forte.

Quels sont les critères pour choisir un bon spot de kitesurf ?

Le premier critère c’est bien sûr le vent. Là où il y a des alizés, ce sont les meilleurs endroits. A condition bien sûr que le vent souffle dans la bonne direction. Le relief tout autour joue aussi un rôle très important aussi. Ensuite si la plage est grande, sans rochers, c’est mieux. Enfin, pour des raisons de sécurité évidentes, il ne faut pas qu’il y ait du monde dans l’eau ou sur la plage.

En Europe, les meilleurs endroits pour faire du kite, se situent sur les différentes îles des Canaries. Mais également à Tarifa au Sud de l’Espagne.

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Décor de carte postale ici aux Bahamas.

Quel est le Top 3 de vos plus belles destinations kitesurf ?

Il y en a beaucoup mais en numéro un, je place les Bahamas. Les quatre îles dans lesquelles je suis allée : Long Island, Cat Island, Exuma et San Salvador, sont des endroits absolument merveilleux. Je m’éclate à chaque fois et je ne m’en lasse pas. J’y retourne dès que je peux. J’ai même parfois des envies de m’installer là-bas et d’ouvrir une école de kite.

En numéro deux, je choisis Masirah Island au Sud d’Oman. Le cadre est là aussi magnifique et le vent est au top tout le temps. Il y a de bonnes vagues. Durant tout l’été, on peut sans problème naviguer à droite ou à gauche. En toute sécurité.

Enfin, en numéro trois, je retiens Moorea face à Tahiti en Polynésie. Les plages sont plus petites mais avec des couleurs incroyables. Tout autour, on trouve beaucoup de verdure. C’est un décor différent de celui des Bahamas ou d’Oman mais il est tout aussi enchanteur.

Vous êtes également à la tête d’un blog qui relate ces plus beaux voyages ?

« Kitesurf Paradise » fonctionne sur le principe d’une web-série dans laquelle je donne mes bons plans et conseils sur la pratique du kitesurf. Le dernier épisode en date, numéro 19,  a été tourné à Long Island aux Bahamas.

Pour terminer, quelles sont les destinations où vous aimeriez aller et avez-vous planifié votre prochain voyage ?

Je ne connais pas l’Australie et la Nouvelle Zélande. J’aimerais mais cela demande beaucoup d’organisation en amont. Et là, vu le contexte, c’est excessivement compliqué. J’ai prévu aussi retourner à Tahiti cet été. Je ne sais pas si je pourrai. Si ce n’est pas possible, je vais me rabattre sur des destinations plus proches comme la Grèce ou le Portugal.

David Savary

Rédacteur en chef
Contact: david.savary@sport-et-tourisme.fr

David Savary
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