Le « nautisme » veut valoriser sa filière tourisme

A l’occasion du salon Nautic de Paris, qui s’est achevé dimanche dernier, la Fédération des Industries Nautiques (FIN) a remis au gouvernement un rapport avec près de 40 propositions dont l’une concerne la filière tourisme.

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Comme la Montagne, la filière tourisme du Nautique mériterait une campagne de communication.

Comme le souligne la Fédération, « le nautisme est un atout touristique et un levier marketing territorial efficace pour valoriser une destination ». Encore faut-il savoir s’y prendre. À l’image de la Martinique, « certains territoires l’ont compris, d’autres moins ».

Il n’est pas trop tard pour bien faire d’autant que « la crise sanitaire a mis en exergue la demande toujours plus forte de nos concitoyens de pouvoir s’évader sur l’eau ». Pour la Fédération, il apparait aussi « primordial d’accompagner la filière touristique nautique dans ses développements ». Et d’insister : « Les activités nautiques doivent être mieux considérées dans l’offre de loisirs. Schématiquement, on peut distinguer une double approche, celle des passionnés de sports nautiques et le « grand public ». Pour les premiers, la pratique d’une activité nautique peut être la motivation principale du séjour. Quant aux autres (nettement plus nombreux), la découverte d’une pratique « sur site » doit trouver davantage sa place dans la palette des autres activités de loisirs ».

Prendre exemple sur la montagne

Ainsi « le nautisme doit bénéficier d’une grande campagne de communication de promotion touristique ». En 2021, « Atout France a engagé 2 millions d’euros pour la promotion des massifs français et a su mobiliser ses partenaires (France Montagnes, acteurs territoriaux et privés) pour amplifier la résonance des actions entreprises, à hauteur de 3,3 millions d’euros. A l’instar de ce qui est réalisé pour la Montagne, le rapport estime que la filière nautique devrait pouvoir bénéficier d’un tel accompagnement public-privé ».

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A l’occasion du Nautic, le président de la FIN, Yves Lyon-Caen (à gauche), a remis à la ministre de la Mer, Annick Girardin, les propositions pour le nautisme de demain.

Financer la digitalisation du secteur

Pour la Fédération, « le tourisme nautique de demain sera digital ». D’ores et déjà, « des entreprises françaises proposent et exportent des solutions innovantes pour digitaliser l’offre nautique et permettre ainsi de rendre plus accessible l’activité, de référencer les places de ports disponibles, de connecter des bouées… Afin d’encourager et, surtout, accélérer le développement et l’utilisation d’outils digitaux pour mieux répondre aux nouvelles attentes des plaisanciers un appel à projets avec financement pourrait être lancé ».

Renforcer la sécurité de la pratique

Selon le ministère de la Mer, quelque 15 millions de Français pratiquent aujourd’hui régulièrement ou occasionnellement le nautisme. Avec cette tendance à la hausse, « ce sont aussi malheureusement les incivilités qui se développent, mais aussi des pratiques dangereuses pour les pratiquants eux-mêmes, les autres usagers et le milieu marin ». La Fédération des industries du nautisme propose des solutions.

Développer un livret nautique numérique

Le livret nautique vise à la fois « à sensibiliser les pratiquants sur le respect du milieu dans lequel ils évoluent mais aussi aux gestes de sécurité.

Renforcer les contrôles en mer

Certains comportements sont « intolérables et nuisent à l’image de la plaisance ; ils ne peuvent pas être laissés impunis et justifient une répression plus effective et plus rapide que celle que permet le cadre juridique actuel ». Les autorités « doivent être dotées des moyens juridiques suffisants pour agir ».

Rendre obligatoire le port du coupe-circuit à bord des navires à moteur

Même s’ils restent rares, « les accidents liés aux hélices de navires de plaisance sont particulièrement choquants et dramatiques ». Il est évident que « le port du coupe-circuit, qui permet un arrêt immédiat du moteur, est une pratique extrêmement efficace pour réduire le risque de façon significative. Il est donc proposé de le rendre obligatoire, comme cela est le cas aux Etats-Unis depuis le 1er avril 2021. Il conviendra d’accompagner l’entrée en vigueur de cette obligation d’une vaste campagne de communication en amont de la saison nautique 2022.

Encadrer l’achat de bateaux d’occasion

De nombreux navires vétustes, datant parfois des années 1960 et de la démocratisation de la plaisance « sont aujourd’hui vendus sur le marché de l’occasion, principalement entre particuliers, aux dépens d’acheteurs incapables d’évaluer l’état réel du navire ». Ces acheteurs « sont autant de plaisanciers qui prennent des risques en naviguant, sans le savoir, sur une embarcation potentiellement dangereuse qui aurait davantage vocation à rejoindre la filière de déconstruction qu’à prendre la mer ». Pour sécuriser la vente, il convient donc de permettre à l’acheteur de se renseigner, à moindre frais, sur l’état du bateau dont il envisage l’acquisition. C’est le but d’un projet porté, depuis plusieurs mois, par différents acteurs de la filière (fédération, assureurs, experts) et qui consiste à mettre en place un outil de “diagnostic prévente”. Celui-ci consisterait en la vérification, par un contrôleur tiers aux compétences certifiées, et aux frais du vendeur, de la conformité du navire aux exigences essentielles de sécurité.

Laurent Guena

Rédacteur en chef adjoint.
Contact: laurent.guena@sport-et-tourisme.fr

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