Observatoire du running : En 2020, 13 millions de personnes ont couru régulièrement, une progression de 12,5%

Faute de pouvoir pratiquer leur sport, nombreux sont les Français qui se sont mis à courir et qui comptent bien poursuivre leur effort. C’est le principal résultat de l’Observatoire du Running qui a été présenté, mardi 4 mai, par Paul-Emile Saab, PDG de Sport Heroes et Virgile Caillet, délégué général de l’Union Sport & Cycle.

Observatoire du running
Selon l’Observatoire du Running, jamais autant de Français n’avaient autant couru qu’en 2020.

« Le running a été une bulle d’oxygène salutaire. Parce qu’il est pratique et accessible à tous, il a séduit des néo-pratiquants qui courent de plus en plus et comptent bien rester sur cette voie : 99% veulent continuer cette pratique après la fin de la crise sanitaire » a souligné lors d’une conférence, mardi 4 mai, Paul-Emile Saab, CEO de Sport Heroes.

On retiendra que le nombre de coureurs en 2020 a augmenté en France de 12,5%, soit environ 1,4 million de runners supplémentaires par rapport à 2019. En tout, près de 13 millions de personnes ont régulièrement couru lors de cette année particulière. Il y a, bien sûr, un effet d’opportunité – on n’ose pas dire aubaine. Ces néo-pratiquants ne pouvant plus pratiquer leur sport se sont tournés vers la course à pied. Les moins sportifs se sont sans doute lancés pour perdre les kilos accumulés pendant le confinement.

Selon les données de Running Heroes (Sport Heroes), en  2020, contraints par les restrictions de temps et de distance, les runners, expérimentés comme novices, se sont adaptés en courant sur de plus petites distances mais de manière plus régulière (8,3 sorties par mois en confinement contre 7,8 hors confinement). Le kilométrage hebdomadaire a, quant à lui, été le même que l’année précédente avec une moyenne de 8,9 km.

Paul-Emile Saab a aussi pu noter que, parmi les 150 000 membres de la communauté Sport Heroes, l’engouement a été moindre l’été dernier. Sans doute parce qu’il a été possible de nouveau de pratiquer d’autres sports et l’annulation des courses a pu décourager. Mais, lors du deuxième confinement, le regain d’intérêt était bien là et ne se dément plus comme si la course à pied allait devenir une activité complémentaire à une autre pratique sportive.

Les courses connectées ne disparaitront pas avec la crise sanitaire

Outre le running, 84% des coureurs ont pratiqué une autre activité physique chez eux, notamment le yoga pour 25%. Evidemment, les pratiques en groupe – amis, collègues, clubs – ont plongé avec -12% par rapport à l’an dernier.

« En cette période de crise, les Français ont ressenti un besoin de mise en mouvement et ont fait preuve d’imagination pour poursuivre une activité physique et sportive malgré les restrictions. Le running faisait partie des sports plébiscités pour s’octroyer des instants de liberté, au même titre que les sports de forme à domicile » décrypte Virgile Caillet, délégué général de l’Union Sport & Cycle.

Une liberté, certes, « mais sous surveillance« , voulue par les pratiquants eux-mêmes. Comme le précise Virgile Caillet, rares sont les coureurs qui ne sortent pas sans leur montre connectée ou leur portable pour mesurer leur performance avant de la partager sur les réseaux sociaux. Au-delà de ce besoin de se nourrir de données, « parfois totalement inutiles« , la technologie permet de garder le lien social qui a disparu avec l’annulation des courses.

Pandémie oblige, plus d’un membre « Running Heroes » sur deux s’est tourné vers les courses connectées, qui devraient survivre à la crise sanitaire. Alors, bien sûr, si 58% des coureurs « trépignent d’impatience à l’idée de reprendre les courses traditionnelles », 25% se disent prêts à poursuivre l’expérience des courses connectées dans le futur. Comme l’explique Paul-Emile Saab, elles permettent de participer à des évènements « auxquels on n’aurait pas pu se rendre pour diverses raisons » et offre aux organisateurs « une vitrine pour recruter lors de prochains évènements ». Par ailleurs, 25% des coureurs souhaitent pratiquer plus régulièrement le running dès la situation redevenue à la normale. C’est déjà ça de pris sur le virus.

Présentiel et virtuel, les « 20 km de Paris » adoptent un format hybride

Face à la situation exceptionnelle que « le monde vit depuis un an et qui touche particulièrement le secteur de l’événementiel sportif », les organisateurs des 20 km de Paris ont redoublé d’efforts pour innover et maintenir une présence forte de l’événement aux cotés des coureurs. En effet, en plus de la version en présentielle, le 10 octobre 2021, il a été décidé de conserver la version connectée qui se déroulera du 7 au 10 octobre. Par ailleurs, l’organisateur accompagne les coureurs en organisant 3 courses connectées de 5km, 10km et 15km qui seront des objectifs intermédiaires progressifs avant les 20 km de Paris. Pour les plus motivés, des packs ont été créés pour réaliser 3 courses connectées de préparation puis les 20km de Paris soit en mode présentiel, soit en mode connectée. Quand on sait que le Paris-Versailles, qui devait se dérouler le 26 septembre prochain, est d’ores et déjà annulé, il parait presque sage de profiter de ces courses connectés qui, en attendant mieux, peut-être dès cet été, permettent de « vivre » un évènement.

Laurent Guena

Rédacteur en chef adjoint.
Contact: laurent.guena@sport-et-tourisme.fr

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