« Les évènements outdoor ne créent pas de cluster »

Deux mois après le lancement du Collectif évènementiel sportif outdoor (CESO), les organisateurs français aspirent toujours à une reprise maîtrisée afin de sauver leurs événements.

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Des running de masse en phase test doivent avoir lieu le mois prochain à Londres.

« Stop. Ça suffit ». Le 3 mars dernier, dans nos colonnes, le docteur Patrick Basset, à l’origine du Collectif CESO, poussait un véritable cri d’alarme sur toute une industrie à l’agonie. En l’espace d’une année, plus de 95% des évènements outdoor ont été annulés en France en raison de la crise sanitaire. Un drame pour tout un écosystème (organisateurs, prestataires spécialisés, acteurs du tourisme…) dans une situation de grande précarité économique.

Des sportifs de renom en soutien

Lors de sa création, le CESO fédérait 400 organisateurs déterminés à sauver leurs épreuves, ils sont aujourd’hui plus de 900 à avoir rejoint le mouvement. Des sportifs de renom (Stéphane Diagana, Thomas Voeckler, Muriel Hurtis, Kilian Jornet…) témoignent également de leur soutien. Le CESO les a d’ailleurs réunis dans un petit clip.

Les organisateurs français et leurs fédérations de tutelle souhaitent obtenir des pouvoirs publics des garanties leur permettant d’optimiser une reprise rapide de leurs événements qui, rappelons-le, se déroulent exclusivement en plein air, sans contact physique entre des acteurs très mobiles. Différentes rencontres se sont tenues avec les autorités. Le CESO espère que d’autres suivront dans les prochains jours.

L’approche vis-à-vis des autorités scientifiques semble plus compliquée. Le CESO entendait démontrer une nouvelle fois que les événements outdoor ne créent pas de cluster. Dès le mois de mai, des études poussées dans le cadre d’une série d’événements tests étaient prévues. Un protocole scientifique sérieux et défini par les Hospices Civils de Lyon a même été proposé par le Collectif. Mais l’absence de validation à ce jour fragilise l’ensemble du projet car les organisateurs initialement candidats ont dû se résigner, face à l’absence totale de visibilité, à annuler ou reporter leurs événements. En effet, un événement sportif outdoor se prépare des mois durant, à la différence de certains secteurs d’activité qui repartiront avec une moins grande inertie.

Evènements tests et recueil de données scientifiques

En attendant, les organisateurs français ont les yeux braqués sur les organisateurs du marathon de Londres qui prévoient un évènement running de masse « test » en mai (« Reunion 10K »), en accord avec le gouvernement britannique et les autorités sanitaires. Le « Reunion 10K » devait avoir lieu les 24 et 25 avril mais il a été reporté. Par ailleurs, dans le cadre du programme de recherche sur les événements (Events Research Programme), des recueils de données scientifiques seront effectués sur plusieurs courses rassemblant 3 000 coureurs et 3 000 spectateurs, ainsi que des membres du staff. Tous les participants à cette expérience seront testés avant et après l’évènement. Le vaccin ne sera pas obligatoire pour participer à cette expérience. Les résultats de cette étude seront observés à la loupe par les organisateurs français.

Enfin, dans un communiqué, le CESO demande le prolongement des dispositifs d’aides existants aux entreprises de l’événementiel jusqu’à la reprise effective de leurs événements (pour certains pas avant 2022). Il insiste aussi sur la mise en place de mesures supplémentaires, adaptées aux spécificités des organisateurs, notamment en cas d’interdiction administrative ou de restriction de jauge imposées tardivement du fait de la crise sanitaire. Il faut savoir que si des autorisations sont de nouveau accordées dès cette fin de printemps, il faudra plusieurs mois à un organisateur pour mettre sur pied et donner le départ d’un événement. Pour certains d’entre eux, qui ont de nouveau annulé leur événement au printemps 2021 pour la 2ème année consécutive, il n’y aura pas de retour de chiffre d’affaires avant 2022. Une éternité.

Un poids économique et touristique majeur

En France, l’événementiel outdoor représente quelque 14 000 événements organisés chaque année, réunissant de 200 à plusieurs milliers de participants. Plus de cinq millions de coureurs, trailers, cyclistes, vététistes, triathlètes, fondeurs…, français ou étrangers, se donnent rendez-vous chaque année sur le plus beau des terrains de jeux : nos villes, nos campagnes, nos montagnes, nos mers et nos forêts. L’événementiel outdoor en France, ce sont des milliers d’organisateurs professionnels ou associatifs, plus d’un million de bénévoles et des milliers de prestataires spécialisés. Le tout représentant des milliers d’emplois et plus d’un milliard et demi d’euros de retombées économiques annuelles pour les territoires.

David Savary

Rédacteur en chef
Contact: david.savary@sport-et-tourisme.fr

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