La yole de Martinique dans la dernière ligne droite pour figurer au patrimoine mondial de l’Unesco

Depuis deux ans, la yole, embarcation en bois typique de la Martinique, souhaite entrer au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco. Le dossier rentre maintenant dans sa dernière phase avec un verdict attendu pour le mois de novembre en Jamaïque.

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La yole, un sport typique de la Martinique.

Les images sont toujours spectaculaires. Chaque année, durant une semaine, entre fin juillet et début août, près de 300 000 personnes se réunissent pour suivre un évènement particulièrement attendu : le tour des yoles qui rallie par la mer différentes villes de Martinique. Le bateau typique de l’île a traversé les siècles et les fonctions pour en devenir un sport très prisé des martiniquais. L’édition 2020 du tour des yoles ayant été annulée en raison de l’épidémie de Covid-19, la célèbre embarcation, mise en avant par de nombreuses personnalités publiques, entend bien ne pas passer inaperçue en s’inscrivant cette année au patrimoine mondial de l’Unesco.

Une embarcation liée à l’histoire et la culture de la Martinique

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Régate autour du Rocher du Diamant.

Depuis le 18ème siècle, la yole de Martinique, à l’origine utilisée pour la pêche et le transport de personnes, a vu son utilité changer, ce qui a permis sa sauvegarde. En effet, dans les années 1950, la yole est devenue une pratique locale sportive très physique, méconnue de la métropole. Sa silhouette reconnaissable s’équilibre grâce à des rondins de bois dressés sur lesquels les « yoleurs » montent. Ils sont alors suspendus au-dessus de l’eau. C’est à la force de leur corps qu’ils parviennent à stabiliser l’embarcation. C’est un sport typique de la Martinique qui a permis à de nombreuses régates de voir le jour, notamment la plus connue et attendue d’entre elles : le tour des Yoles. En effet durant une semaine, habitants et touristes sont tournés vers la mer et vivent au rythme des étapes qui les mènent de ville en ville. Une ambiance particulièrement festive règne sur cet événement où se mêle découverte de la pratique pour certains et retrouvailles entre amis et famille pour d’autres. Une extraordinaire communion se met en place. Tous partagent le même spectacle et le même engouement autour de cette fameuse embarcation.

Des valeurs qui se transmettent de génération en génération

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La yole, une pratique physique où l’esprit d’équipe prédomine.

Fabriquée localement, les savoir-faire liés à la conception de la yole ainsi qu’à la navigation se transmettent de génération en génération. Les anciens s’attachent à laisser leur empreinte et à partager ce patrimoine avec leurs enfants et petits-enfants – futur relai de l’histoire. Cette volonté de transmettre à son prochain est davantage motivée par les valeurs attenantes à la pratique de la yole. Partage, solidarité, entraide ou encore dépassement de soi, ce sport véhicule des enseignements universels et riches. Auparavant un outil de travail pour les anciens, la yole est devenue pour les générations actuelles un sport de compétition tout en restant jovial. En effet, l’embarcation dépourvue de lest, de dérive, et de gouvernail, nécessite une véritable cohésion d’équipe et une excellente entente. Les très jeunes demandent même à suivre des cours en club, signe que le message se transmet.

Une campagne relayée sur les réseaux sociaux

Ce sont pour toutes ces raisons, afin de sauvegarder cet héritage et pérenniser sa pratique, que la yole de Martinique s’est portée candidate à l’inscription sur la liste du Patrimoine Culturel Immatériel (PCI) de l’Unesco. Cette volonté est soutenue par le peuple martiniquais mais également métropolitain, fiers de posséder un tel patrimoine au sein du pays. Pour appuyer ce dossier, de nombreuses personnalités antillaises se sont mobilisées autour d’une campagne sur les réseaux sociaux. Parmi elles, Hélène Serignac, présentatrice de l’émission « Les Témoins d’Outre-mer ». Avec l’hashtag #tousaveclayoledemartinique, un élan de solidarité a vu le jour, preuve de l’engouement que suscite ce sport local.

A la fin du mois de juillet l’Unesco reviendra vers le Ministère de la Culture pour indiquer au Comité de Pilotage si des précisions ou modifications doivent être apportées au dossier de candidature. Et c’est en novembre, en Jamaïque, que le verdict final sera rendu.

David Savary

Rédacteur en chef
Contact: david.savary@sport-et-tourisme.fr

David Savary
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