Paris sans Roubaix

La Reine des classiques devait se dérouler ce dimanche 11 avril. Alors que l’Europe entière organise normalement ses courses, le préfet des Hauts-de-France a décidé qu’elle n’aurait pas lieu. Navrant.

Depuis sa première édition en 1896, Paris-Roubaix n’a été interrompue que par les deux guerres. Avant que ce foutu Covid ne fasse des siennes. Reportée puis annulée en 2020, la course est à nouveau différée, en octobre prochain. Si l’on peut admettre son absence au calendrier l’an dernier, on a du mal à comprendre son report cette année.

Parce que l’organisateur ASO avait fait les efforts nécessaires pour que « l’Enfer du Nord » puisse avoir lieu. 1 300 policiers et gendarmes déployés, des barrières en plus grand nombre, et même certains secteurs supprimés. Mais non, le préfet Lalande n’a rien voulu entendre. Trop risqué au vu de la situation sanitaire. La situation on la connaît, cela fait plus d’un an que nous sommes empêtrés dedans.

C’est d’autant plus incompréhensible que de l’autre côté de la frontière, à quelques kilomètres de Roubaix, le Tour des Frandres, lui, a pu se dérouler normalement. Comme la plupart des courses cyclistes d’ailleurs. Comme les matchs de foot et de rugby aussi. « Nous donnons au monde une image déplorable » déplore François Doulcier, président de l’association « Les Amis de Paris-Roubaix ». Surtout quand on sait que le risque de transmission du virus en extérieur est extrêmement faible.

Le préfet Lalande craignait qu’il y ait trop de monde sur les bords des routes. Il avait un an pour réfléchir, un an pour trouver une solution. Au final rien. Pendant ce temps le métro parisien continue chaque jour de déverser ses flots de voyageurs et de travailleurs. Et ça va. N’allez pas non plus me faire croire qu’une chute collective dans le peloton risquait d’encombrer les hôpitaux du Nord de la France.

Paris – Roubaix et son célèbre vélodrome à l’arrivée fait partie d’Iconic Sport Sites, premier réseau international des sites mythiques du sport. Paris – Roubaix, c’est une course qui fait la fierté de tout son territoire. « Le touriste étranger lorsqu’il viendra pour les Jeux Olympiques à Paris, il faut qu’il coche la case Roubaix durant son séjour » déclarait il y a quelques mois dans nos colonnes Wilfried Verna, directeur général des Services de la ville de Roubaix.

Pour suivre la Reine des classiques, il va falloir patienter six mois de plus. De nouvelles dates ont été données, le 2 octobre pour la course dames et le 3 octobre pour la course messieurs. Sans faute.

David Savary

Rédacteur en chef
Contact: david.savary@sport-et-tourisme.fr

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