Un spécialiste du sport indoor interpelle le ministre de l’Economie

Délaissée dans les plans de relance du gouvernement de l’après Covid, l’industrie du loisir et du sport indoor se désespère. A l’image de la foncière familiale Loisirama à Metz qui écrit à Bruno Le Maire, ministre de l’Economie, des Finances et de la Relance, en lui demandant d’agir pour « la reprise de ce secteur extrêmement dynamique ».

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 Vue en 3D du site Loisirama qui doit accueillir « le plus grand pôle de loisirs indoor de France » avec ici l’un de ses bâtiments emblématiques, La Rotonde.

Plus qu’un cri d’alarme, c’est un véritable appel au secours que lancent Laurent et Anaël Mayer, frère et sœur, à la tête de la société Loisirama (groupe Blossom), qui ambitionne d’implanter à Metz « la plus grande zone de loisirs de France et même d’Europe avec à terme un espace total de 45 000 m2 ». Répartis dans différents bâtiments, des restaurants, des bars… mais aussi un trampoline park, un mur d’escalade, des espaces de Five (football en salle), padel (mini tennis), ou encore un terrain de basket. Un simulateur de chute libre est même prévu, au même titre qu’une offre hôtelière est envisagée.

Pour bâtir son projet, le groupe familial investit des dizaines de millions d’euros, « sans aucune aide de qui que ce soit ». Aujourd’hui Anaël et Laurent Mayer ne peuvent que constater les dégâts. S’ils accompagnent du mieux qu’ils le peuvent les exploitants sur place, ils déplorent qu’en raison de la crise sanitaire, « aucune banque n’accepte de leur prêter de l’argent ». En effet, sur 22 entreprises désireuses de s’installer sur le site, seulement 3 ont obtenu leur financement. Du coté de Bercy, c’est silence radio. Aucune mesure de relance n’est prévue. Conséquence, « ce sont quelque 150 emplois court terme et 300 à plus long terme qui risquent de disparaitre » explique Anaël Mayer .

Un marché qui croit de 15% par an

Car ce qui se passe à Metz vaut également sur le plan national. Dans un marché extrêmement dynamique, qui « croit de 15% par an » et représente « environ 8 milliards de dépenses », l’économie des loisirs pourrait en sortie de crise générer « plus de 200 créations d’entreprises et quelque 1 500 nouveaux emplois chaque année » indiquent dans leur courrier les dirigeants de Loisirama.

Il est vrai que le secteur du loisir actif, qui ne peut être concurrencé par Internet, se veut particulièrement porteur. Il possède en outre l’avantage d’être transgénérationnel. Autrement dit, il concerne pratiquement le nouveau-né jusqu’au senior. Tout cela sur un mode fun et ludique.

Aujourd’hui pour des locataires qui arrivent sur ce milieu, c’est extrêmement compliqué. « Pour des investissements qui vont de 40 000 à 400 000 euros, les banques bloquent les financements » constate Laurent Mayer, pour qui cette période de sous-activité devrait être l’occasion pour les entreprises « d’obtenir leur prêt et réaliser leurs travaux ». Ce qui est à craindre, poursuit l’intéressé, c’est que « les banques attendent la fin de la crise sanitaire, puis encore 12 à 18 mois pour avoir suffisamment de visibilité sur l’évolution du marché des loisirs, avant qu’elles ne prennent timidement des positions pour accompagner les exploitants ».

Bercy ne répond pas

« On aimerait que Bercy dise aux banques de continuer à traiter les dossiers. Malheureusement rien ne se passe » affirme Anaël Mayer expliquant commencer à « manquer d’énergie ». « Ce n’est pas qu’une angoisse, il y a un vrai péril » ajoute encore la responsable qui pour autant « n’abandonne pas toutes ces entreprises, souvent des primo-entrepreneurs, qui ensemble contribuent à la (re)dynamisation des villes et des entrées de ville ».

« Soutenir notre filière des loisirs, c’est commencer à envoyer un message fort pour indiquer qu’il y aura un après Covid, et que vous souhaitez anticiper et accompagner cette sortie de crise » écrivent Anaël et Laurent Mayer dans leur courrier. Si ce dernier est bien arrivé au ministère, Bruno Le Maire n’y a pour l’instant pas donné suite.

David Savary

Rédacteur en chef
Contact: david.savary@sport-et-tourisme.fr

David Savary
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