Tourisme à vélo : vers une nouvelle carte des destinations françaises
Le Ministère chargé du Tourisme avec le Réseau vélo et marche et France Vélo – filière économique ont lancé un appel à manifestation d’intérêt (AMI) pour identifier et valoriser des territoires misant sur le vélo comme levier d’attractivité. Objectif : structurer l’offre et mieux positionner la destination sur un marché en forte croissance.

Cette initiative s’inscrit dans la stratégie nationale du tourisme à vélo et vise à renforcer la visibilité de l’offre française à l’échelle nationale et européenne. Portée par la diversité des paysages et des pratiques – de l’itinérance aux usages sportifs ou de loisirs -, et soutenue par des événements comme le Tour de France, la pratique cyclable constitue un vecteur croissant de découverte des territoires et de valorisation de leur attractivité touristique.
Un potentiel encore à structurer
La France bénéficie déjà d’une reconnaissance dans le domaine du cyclotourisme, notamment grâce à des itinéraires structurants comme La Loire à Vélo, ViaRhôna, la Flow Vélo ou encore la Scandibérique. Toutefois, ces parcours d’itinérance ne reflètent qu’une partie des usages.
D’autres pratiques, comme les séjours sportifs, les excursions à la journée ou encore les disciplines émergentes (gravel, VTT, vélo de route), restent encore inégalement valorisées selon les territoires. L’AMI entend ainsi identifier des destinations capables de proposer une offre plus globale, intégrant différents types de pratiques et de publics.
Près de 4 000 emplois dans les secteurs du tourisme, du sport et des loisirs
Le tourisme à vélo s’inscrit dans une dynamique de croissance continue depuis plus de dix ans. En France, près de 22 millions de personnes pratiquent le vélo pendant leurs vacances, générant plus de 4 milliards d’euros de retombées économiques.
Les clientèles cyclistes affichent par ailleurs un niveau de dépense quotidien supérieur à la moyenne (+24%), ce qui contribue directement à l’activité des hébergements, des restaurants et des commerces. Le secteur recense près de 4 000 emplois dans les secteurs du tourisme, du sport et des loisirs, auxquels il faut ajouter 1 750 moniteurs et éducateurs qui accompagnent la pratique, et près de 40 000 emplois (ETP) dans la restauration et l’hôtellerie liés au tourisme à vélo.
Une logique de filière
Le dispositif repose sur une approche collective associant acteurs publics et privés. Porté par le ministère chargé du Tourisme, le Réseau Vélo et Marche – qui représente les collectivités – et France Vélo – pour les acteurs économiques -, il illustre la volonté de structurer un écosystème complet.
Le jury, présidé par Chrystelle Beurrier, réunit des représentants des fédérations sportives (FFC FFV), des moniteurs (MFC), des cyclistes avec la FUB, des loueurs (Lokki), les producteurs de vélo (UESC), ASO pour le Tour de France, sans oublier les acteurs du tourisme avec France Vélo Tourisme, les comités régionaux de tourisme, Atout France, et le soutien des ministères des Transports et des Sports. Cette gouvernance traduit la nécessité de coordonner infrastructures, services (location, réparation), hébergements adaptés et événements dédiés.
Une sélection de destinations dès cette année
Entre 20 et 30 territoires seront retenus dans le cadre de cet appel, avec au moins un lauréat par région. Peuvent candidater des collectivités locales, des groupements de communes ou encore des parcs naturels régionaux.
Les critères d’évaluation portent notamment sur la qualité des aménagements cyclables, l’existence de services dédiés, la présence d’hébergements labellisés, l’accessibilité du territoire sans voiture individuelle et l’organisation d’événements liés au vélo. Les destinations proposant une diversité de pratiques ou intégrant le vélo dans les mobilités du quotidien seront également valorisées.
Les territoires sélectionnés bénéficieront d’une mise en visibilité renforcée pendant deux ans, avec l’objectif de consolider leur attractivité et de structurer une offre cohérente à l’échelle nationale.
Pour candidater, c’est ici.
