Tour de France. Etape 21. Les Yvelines, toujours au rendez-vous

Si on ne retient de cette dernière étape que l’arrivée sur les Champs-Elysées, les Yvelines et les Hauts-de-Seine, passages obligés pour arriver à Paris depuis l’Ouest, profitent de cette vitrine pour faire valoir leurs grands espaces situés à moins de trente minutes de la Porte Maillot.

Château de Versailles, Yvelines
Parc du château de Versailles, Yvelines

Les Yvelines se sont engagées en 2019 avec le Tour de France pour faire d’une de ses communes une ville étape jusqu’en 20023. Cette année, c’est Mantes-la-Jolie qui à l’honneur d’être la dernière ville-étape de cette édition si particulière.

Mantes-la-Jolie mérite mieux que sa réputation

Etre ville-départ du Tour doit permettre à la Mantes-la-Jolie de redorer son blason – elle a tout de même été capitale de la France – grâce aux projecteurs qui vont être braqués sur elle.

Tour de France. Etape 21. Les Yvelines, toujours au rendez-vous 1
Mantes la Jolie – Vue du clocher © 2018 – X.Renoux – CD78

A voir

Collégiale Notre-Dame de Mantes-la-Jolie
Véritable fleuron de l’architecture gothique du XIIe siècle, la collégiale est considérée par sa ressemblance et sa proximité avec la Seine comme la petite sœur de Notre-Dame de Paris. L’édifice possède une nef médiévale. Sa hauteur sous voute est supérieure à celle de la Basilique de Saint Denis. Ses tours culminent à 61 mètres de hauteur. La Collégiale était le siège de la puissante confrérie des marchands dite « de l’Assomption ». Elle a fait l’objet d’une attention constante de la famille royale. Les rois de France furent régulièrement nommés abbés séculiers du lieu. L’édifice a traversé les époques, a survécu aux guerres, aux destructions volontaires, aux intempéries.  

Musée de l’Hôtel-Dieu
Edifié au XIVe siècle sous le règne de Charles V et fortement remanié au cours des XVIe et XVIIe siècles, l’Hôtel-Dieu était une institution gérée par l’Eglise. Après des occupations diverses, le bâtiment a été acquis par la Ville de Mantes-la-Jolie en 1962. Inscrite en 1964, à l’inventaire des Monuments Historiques, pour sa façade du XVIIe siècle caractérisée par ses pilastres corinthiens, sa grande rosace ornée d’une tête d’ange ailé et ses ornementations, la chapelle de l’Hôtel-Dieu est devenue musée en 1996 et labellisée musée de France en 2002. Le musée de l’Hôtel-Dieu conserve la plus grande collection dédiée à l’artiste Maximilien Luce en France. Celle-ci sera désormais visible de façon permanente au premier étage du musée, dans un parcours consacré à la découverte de sa vie et de son œuvre. Ce peintre post-impressionniste (1858-1941) s’est installé dans la région, à Rolleboise, en 1917. Il a particulièrement illustré les thématiques du paysage en vallée de Seine, les activités sur et au bord du fleuve, l’essor industriel ainsi que les conditions de travail de l’époque.  

Vieux pont
Son origine remonte au XIIe siècle. Il reliait la ville de Limay à Mantes, mais une partie fut démolie pour construire le pont Peronnet au XVIIIe siècle. Il n’en reste que quelques arches. Ce pont, classé monument historique depuis 1923, figure sur un tableau de Jean-Baptiste Camille Corot (Le Pont de Mantes, musée du Louvre).  

Tour Saint-Maclou
La Tour Saint-Maclou est le dernier vestige de l’église romane du même nom, construite au XIe siècle, remaniée au XVIe siècle et désaffectée après la Révolution.  Il subsiste aujourd’hui la tour du XVIe siècle, de même qu’un pan de mur roman, long de deux arcades, avec les piliers du bas-côté qui lui correspondent. La façade, quoique remaniée fortement, présente encore des éléments d’origine. De l’église primitive, il reste la crypte.

Dans les Yvelines avec les coureurs

Gargenville

Cette petite ville industrielle, connue pour ses cimenteries et ses installations pétrolières en bords de Seine, forme avec sa voisine, Issou, une agglomération d’environ 10 000 habitants. 

Les Maisonnettes de Nadia Boulanger
Vers 1908, Madame Boulanger mère, acquiert à deux pas de la demeure du célèbre pianiste Raoul Pugno, un ensemble de trois bâtiments baptisé Les Maisonnettes.  Nadia et Lili viennent ici, aux beaux jours, travailler la musique avec le maître. Nadia l’aînée, exceptionnellement douée, compose et enseigne tout en instruisant Lili sa cadette.  Au début des années vingt, Nadia Boulanger s’affirme dans sa vraie vocation : l’enseignement. A Gargenville, Mademoiselle dirige « allegro » les étés d’Hanneucourt, logeant ses élèves aux Maisonnettes et dans ses maisons alentours qu’elle fait toutes relier entre elles par le téléphone. Avec « la Boulangerie », Gargenville deviendra jusqu’en 1937 mondialement réputée, les Maisonnettes y battront comme le cœur du monde de l’enseignement musical. Nadia Boulanger, qui aura été pendant près de soixante-quinze ans le professeur le plus célèbre du monde, est entrée de son vivant dans l’histoire de la musique. Les plus grands, d’Aaron Copland à Astor Piazzola, de Léonard Bernstein à Michel Legrand ont été ses élèves.

Épône

Temple de David
Le peintre Jacques-Louis David en a dessiné les plans. Il fut construit en 1785 par le seigneur Marie-Jean Hérault de Séchelles pour célébrer la signature du traité d’alliance de 1778 entre la France et les jeunes Etats-Unis d’Amérique. Benjamin Franklin, négociateur de ce traité pour les Etats-Unis, a travaillé à cet endroit. Cette construction est considérée comme un symbole d’amitié franco-américaine et comme le premier temple maçonnique connu en France par sa décoration typique. Robespierre et d’autres révolutionnaires y ont rédigé la première constitution de 1791. Classé aux Monuments Historiques en 1947, la ville en est devenue propriétaire.

Bazemont

Le château fut construit par Charles d’O (dont la famille comptait financiers, gouverneurs et hommes d’armes) à la fin du XVIe siècle. Il subit d’importants changements quand il devint la propriété de Louis-Pierre Parat de Chalandray en 1765. Ce dernier seigneur fit abattre la dernière tourelle et ajouter une aile conforme au goût de l’époque.  En 1893, le château fut acquis par la Municipalité pour y abriter la mairie et les écoles.  

La Comédie
En 1804, le châtelain Louis-Pierre Parat de Chalandray fit bâtir dans son parc une salle de spectacle qu’il dénomma « La Comédie ». Les fenêtres ogivales qui lui confèrent tout son charme donnent sur le grand abreuvoir construit en 1789 et devenu une pièce d’eau où s’ébattent poissons et canards. Plus tard, le bâtiment servit d’atelier puis de résidence secondaire avant d’être acheté par la Municipalité en 1986. « La Comédie » a ainsi retrouvé sa vocation de salles de fêtes et de réunions publiques ou privées.

Maule

Maule est la ville natale de Robert Charpentier (1906-1966), champion olympique sur route en 1966. 

Château d’Agnou
C’est un édifice construit à la fin du XVIe siècle et aujourd’hui classé aux Monuments Historiques. Il prend place sur les vestiges d’un ancien château à donjon du XIIe siècle, le château Saint-Vincent. Œuvre de Nicolas de Harlay, sieur de Sancy et surintendant des finances d’Henri IV, il nécessita, pour sa construction, l’assainissement total des marais alentours. Aujourd’hui copropriété privée, le château d’Agnou servit notamment d’hospice lors de la Première Guerre mondiale, puis de lieu d’accueil à la Wehrmacht lors de la Seconde. Il présente une aile unique de soixante mètres, reconstruite en partie au XVIIe siècle, ainsi qu’un très bel escalier en pierre descendant vers les jardins. Il possède encore son colombier, haute tour cylindrique du XVIe siècle, l’un des plus grands d’Île-de-France et des plus anciens de France.

Crespières

Parmi ses hôtes célèbres figure Georges Brassens, qui y avait acquis le moulin de la Bonde, où il résida de 1958 à 1971. Le village a inspiré les chanteurs puisque Sheila et Alain Bashung y ont également habité.  

Château de Wideville
Le domaine de Wideville appartient au XVIe siècle à René de Longueil, marquis de Maisons, gouverneur de Saint-Germain. Le domaine est vendu en 1579 par les héritiers de Pierre Picquet, trésorier de la reine de Navarre, à Benoît Milon, premier intendant des finances du roi Henri III. Il y fait construire le château actuel sur l’emplacement d’un ancien manoir, de 1580 à 1584, selon les plans de Jacques Androuet du Cerceau. Le château est remanié en 1620 par Claude de Bullion, surintendant des finances du roi Louis XIII, qui fait redessiner et embellir les jardins en les agrémentant de fabriques. Parmi ses propriétaires célèbres, citons le duc d’Uzès (Jean-Charles de Crussol), la duchesse de Châtillon, le marquis de Rougé et le comte de Galard qui entreprend en 1870 une restauration complète du château. Il est actuellement la propriété du couturier italien Valentino.

Saint-Nom-la-Bretèche

Avec ses deux parcours de tournois, des aires d’entraînement, une piscine, un terrain multisport et une maison des enfants, le golf de Saint-Nom-la-Bretèche est l’un des plus célèbres de France et joue un rôle non négligeable dans l’économie de la ville. Il a accueilli de grandes compétitions internationales comme le Trophée Lancôme de 1970 à 2003.

Marly, une forêt adoptée par les Vttistes

L’ancienne forêt de Crüye a été rebaptisée forêt de Marly à la fin du XVIIe siècle par Louis XIV qui venait y chasser. Au XVIII ème siècle les rois vont l’aménager à leur convenance : carrefours en étoile, tracé des routes rectilignes, tirés pour faciliter la chasse… Après la révolution, la forêt devient domaine national, dont une partie était le territoire de chasse des Rois puis des Présidents.
 
La plaine du Trou d’Enfer comporte aujourd’hui la ferme du Trou d’Enfer, toujours en exploitation, le fort du Trou d’Enfer et la tour du télégraphe de Chappe (restaurée en 2007). Sur ce vaste domaine de 400 hectares s’est installée L’école de la campagne et de la forêt. Cet organisme propose aux écoles et centres de loisirs des ateliers pédagogiques sur des thématiques liées à la faune et la flore, mais également des visites guidées du territoire des chasses (billetterie sur place à l’Office de Tourisme du Pays des Impressionnistes).

Marly, Yvelines


 
La forêt est aussi le terrain de prédilection des vététistes puisqu’elle leur offre un relief varié et convenant à tous les niveaux de pratique, les amateurs de roller sont également nombreux à venir en forêt de Marly car plusieurs routes goudronnées ont été fermées à la circulation et permettent donc une échappée verte adaptée à ce sport.

L’Office de Tourisme met à la disposition des promeneurs plusieurs itinéraires de balade ainsi qu’une carte de la forêt (en vente). Il est également possible de suivre le GR1 qui traverse la forêt et qui permet ensuite une petite balade dans le parc de Marly.

Villepreux

Saint Vincent de Paul y prononça ses premiers prêches alors qu’il était précepteur de la famille de Gondi. La ville dispose d’un patrimoine de demeures anciennes comme la maison Saint-Vincent, deuxième maison des Filles de la Charité fondées par Saint Vincent de Paul, devenue un espace d’expositions et de conférences, ou le domaine de Grand’Maisons, château classé du XVIIIe siècle transformé en hôtel pour réceptions, noces et banquets.
Villepreux était la destination de l’Allée royale de Villepreux, conçue par Le Nôtre et qui relie le château de Versailles à Saint-Cyr-l’École, Fontenay-le-Fleury, Rennemoulin et Villepreux. Laissée à l’abandon, l’allée, qui traversait les chasses du roi, fait l’objet d’un grand programme de réhabilitation.     

Le château de Villepreux est classé à l’inventaire des monuments historiques. En 1598 la famille de Francini fait construire l’hôtel qui deviendra plus tard le château de la seigneurie de Villepreux. Les Francini étaient les fontainiers des rois, les deux frères, Thomas et Alexandre étaient des ingénieurs hydrauliciens de grand talent. A partir de 1661, ils se consacrèrent au château de Versailles. De par la variété et la profusion des divertissements en eau qu’ils ont su concevoir, les Francini devinrent les magiciens du parc de Versailles. En 1768, François-Honoré, le dernier des Francini vendit la seigneurie de Villepreux à Louis XV, François Heurtier, architecte des bâtiments royaux, acheta le château à Louis XVI en 1788, il fut conseiller municipal de Villepreux et c’est lui qui en 1789 porta à Versailles les cahiers de doléances de la commune.
Aujourd’hui le Domaine est un lieu de réceptions et de séminaires.

Fontenay-le-Fleury

Le château de Ternay, est cité en 1482 sur les registres du tabellionnage de Villepreux. Cette propriété a été modifiée au XIXe siècle en style Directoire. Sacha Guitry y vécut de 1937 à sa mort en 1957. Illustre comédien, auteur dramatique et réalisateur de films, Sacha Guitry, qui avait décidé de faire du domaine de Ternay sa demeure secondaire, est très attaché à la ville de Fontenay-le-Fleury. Il y célèbre les 4 et 5 juillet 1939 à l’église Saint Germain de Fontenay-le-Fleury son mariage avec l’actrice française Geneviève de Séreville. Le château de Ternay est aujourd’hui une propriété privée.

Saint-Cyr-l’Ecole

Le lycée militaire de Saint-Cyr est l’un des six lycées de la Défense (anciens lycées militaires) du ministère des Armées français, situé dans la commune de Saint-Cyr-l’École. Les bâtiments du lycée ont un passé historique particulièrement riche : en effet, l’ont précédé la Maison royale de Saint-Louis, le Prytanée militaire et l’École spéciale militaire. Les devises du lycée sont « Plutôt mourir » et « La véritable école du commandement est donc la culture générale ».

Musée du lycée militaire
Installé dans l’ancien Pavillon des Archives, le Musée retrace l’histoire du lieu depuis sa création par Madame de Maintenon, épouse de Louis XIV. L’école avait alors pour objectif d’éduquer les jeunes filles nobles désargentées. Le site est ensuite devenu un hôpital militaire puis un prytanée avant de laisser place à une école impériale spéciale militaire puis à un collège et finalement au lycée militaire en 1983.

Fausses Reposes, joggeurs, animaux et randonneurs

Fausses Reposes, Yvelines
Cernay dans les yvelines (78), France. Photo © Cyril Badet pour le CFT78 Yvelines Tourisme 2015.

La forêt de Fausses Reposes était un terrain de chasse pour les rois résidant à Versailles ou à Saint Cloud comme en témoigne le pavillon de chasses de fausses Reposes construit sous Louis XV. Elle est traversée par le sentier de la Ceinture Verte Ouest de l’Ile-de-France qui permet de faire la liaison entre les boucles de la Seine et de Boulogne-Billancourt et de Bougival.

Cette forêt de  Fausses Reposes doit son nom à une expression de chasse. Lorsque l’animal traqué par les chiens commence à sentir la fatigue, il cherche à égarer la meute et les chasseurs en se dissimulant dans les replis du terrain, d’où le nom de Fausses-Reposes. 

La faune et la flore sauvages sont riches au sein de ce massif forestier. De nombreuses espèces d’oiseaux y vivent, comme le faucon crécerelle, la chouette hulotte, le geai des chênes, le pic vert, le pic épeiche, la grive musicienne, le troglodyte mignon, la sitelle, etc. Les chauves-souris et les insectes y sont nombreux. La faune des milieux humides (crapauds, tritons) est présente dans certains fossés et mares. Les mammifères de petite taille peuplent les taillis : renards, martres, hermines, belettes et écureuils roux se maintiennent. Le chevreuil, introduit en 1998, est en progression.
Les principaux arbres constituant le massif forestier sont le châtaignier (47%), les chênes sessile et pédonculé (38%), le hêtre (7%), le bouleau verruqueux, l’érable sycomore, l’aulne glutineux dans les milieux humides, le charme, le frêne commun, le merisier, l’érable champêtre et le noisetier.

Versailles

La préfecture des Yvelines doit sa réputation avant tout à son château, sans doute l’un des plus connus au monde. C’est toujours à Versailles que se réunissent en congrès députés et sénateurs pour y ratifier toute modification de la constitution. Située à 17 km de Paris, la ville est surtout résidentielle et touristique, mais dispose d’une belle infrastructure universitaire.
Louis XIV, le Roi Soleil, a imaginé le destin de Versailles et de son château avec les plus hautes ambitions. Son rôle primordial dans l’histoire de France s’accompagne aussi d’une relation suivie avec le Tour, qui s’élança du château en 2013 pour la dernière étape de sa centième édition.  
En 1989, un contre-la-montre parti de Versailles avait donné lieu à un duel royal entre Laurent Fignon et Greg LeMond. Le chrono jusqu’aux Champs-Élysées s’était conclu par l’écart le plus serré de l’histoire : huit secondes d’avance au classement général final pour l’Américain.
Auparavant, la ville royale avait été à huit reprises le point de départ du contre-la-montre final du Tour de France, et avait placé sur l’orbite du succès Jacques Anquetil, Felice Gimondi, Eddy Merckx ou Luis Ocana.  

Le château
Classé depuis 30 ans au patrimoine mondial de l’humanité, le château de Versailles constitue l’une des plus belles réalisations de l’art français au XVIIe siècle. L’ancien pavillon de chasse de Louis XIII fut transformé et agrandi par son fils Louis XIV qui y installa la Cour et le gouvernement de la France en 1682. Jusqu’à la Révolution française, les rois s’y sont succédé, embellissant chacun à leur tour le château. Galerie des Glaces, Grands Appartements du Roi, Musée de l’Histoire de France : au fil des siècles, le château de Versailles, siège du pouvoir jusqu’en 1789, n’a cessé de se déployer.
Dans les années 1670, Louis XIV fait notamment aménager les Grands Appartements du Roi et de la Reine. La réalisation la plus emblématique de ces espaces, lieux de parade et de réception par excellence, reste la galerie des Glaces imaginée par Mansart.

Retrouvez ici l’ensemble des articles en lien avec l’étape du jour de ce Tour de France 2020.

 

Laurent Guena

Rédacteur en chef adjoint.
Contact: laurent.guena@sport-et-tourisme.fr

Laurent Guena
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