Les fans de sport attendent des organisateurs des preuves de leurs engagements écologiques

Havas Sports & Entertaitment
Le « bad buzz » redouté par toutes les marques et organisateurs.

Havas Sports & Entertaitment a voulu savoir, en commandant l’étude « Meaningful Passions«  auprès de l’institut CSA, ce que les Français passionnés de sport, musique et jeux vidéos attendent des entreprises ou organisateurs d’évènements dans le domaine des enjeux sociétaux et écologiques. On y apprend notamment que 66% des sondés de la communauté « sport » seraient prêts à boycotter une marque si elle devait ignorer tous ces aspects.

Ce n’est peut-être pas une surprise mais ce chiffre est suffisamment parlant pour faire réfléchir les marques et organisateurs d’évènements : près de deux tiers des Français passionnés de sport seraient prêts à les boycotter si elles ne placent pas au cœur de leur stratégies les enjeux sociétaux et écologiques.

C’est le principal enseignement d’une étude commandée par Havas Sports & Entertaitment auprès de CSA et qui a été commentée jeudi 11 février par ses responsables. Déjà, on peut noter que les entreprises qui ne se plient pas aux attentes d’un public de passionnés et au-delà se mettent en position de se faire basher.

L’agence de communication a mis en avant des titres de journaux comme celui du Monde, « chaleur étouffante et tribunes vides : débuts controversés des Mondiaux d’athlétisme à Doha » ou encore celui de 20 minutes, « Semi-marathon de Paris : 30.000 coureurs et de tonnes de détritus« .

Le plastique et le gaspillage dans le collimateur

Si les problématiques de santé sont aujourd’hui la préoccupation principale d’un public sportif (23%), l’environnement arrive juste derrière (16%). C’est aussi vrai pour passionnés de musique et jeux vidéo

Comment, donc, les organisateurs d’évènements peuvent-ils donc s’accorder les faveurs des supporters ou participants à des épreuves et ainsi même éviter un bad buzz ou boycott ? Déjà, en limitant le gaspillage en redistribuant, par exemple, les invendus des buvettes à une association. Et, aussi, des propositions de boissons Les sportifs attendent aussi des organisateurs la mise en place de bennes pour recycler leurs vieux vêtements de sports ou dossards.

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Les attente éco-responsables de la communauté « sport »

Autre attente : interdire les bouteilles de plastique dans l’enceinte de l’évènement. « Les Français attendent beaucoup des marques pour les aider dans leur pratique environnementale, explique Lilith Peper, directrice du planning stratégique chez Havas Sports & Entertainment. Ils n’en ont pas les moyens mais quand on leur donne, ils le font avec entrain« .

Les marques, aussi, comprennent qu’elles ont évidemment tout intérêt à coller à ses attentes. Lors de la présentation de l’étude, Adidas a été cité en exemple pour avoir mis en place via l’application Rustastic un run mondial (Run for the Oceans) destiné à financer Parley – un dollar pour chaque kilomètre parcouru – une association qui lutte pour la préservation de nos océans. Adidas a aussi conçu des chaussures composées de 95% de plastique récupéré avec le succès de vente que l’on connait.

« Réduire le nombre de matches » (Nikola Karabatic)

Les Fédérations sportives ont aussi un rôle à jouer : citons avec Havas celle du volley-ball, associée à Good Net, qui a eu comme initiative de transformer les filets de pêches usés en filets de volley-ball.

Et les sportifs de haut niveau dans tout cela ? On a déjà parlé du projet de Julien Pierre, ancien rugbyman international, qui a pu de nouveau présenter lors de la table ronde qui a suivi, Fair Play For Planet, un label « développement durable » décerné aux clubs, amateurs ou professionnels et aux organisateurs d’évènement.

Présent, aussi, le handballeur Nikola Karabatic (PSG) a plaidé pour que l’on organise moins de matches dans son sport et ainsi limiter les déplacements : « Le championnat de football américain est très ramassé ce qui n’empêche pas sa finale d’être un des évènement sportifs les plus suivis au monde », argumente-t-il. Julien Pierre renchérit : « On note que les supporteurs se passionnent plus un derby que des rencontres jouées au bout du monde« .

Enfin, Nikola Karabatic ajoute : « Au début de ma carrière, Je n’arrivais à comprendre pourquoi un sportif pouvait boycotter un évènement alors qu’il s’entraîne dur comme ça. En évoluant, je l’ai compris« .

Les sportifs français, on l’a vu avec Antoine Griezmann (FC Barcelone), qui a renoncé à un juteux contrat avec Huawei, son sponsor principal, pour soutenir la population ouïghoure prennent de plus en plus position. On se souvient aussi des joueurs du PSG refusant de poursuivre une rencontre à la suite de propos supposés racistes d’un arbitre. A l’instar de ce que font depuis longtemps aux Etats-Unis les stars de la NBA ou de la NFL (football américain).

Laurent Guena

Rédacteur en chef adjoint.
Contact: laurent.guena@sport-et-tourisme.fr

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