Et si le patron du Club Med faisait plier Jean Castex !

Dans une lettre ouverte adressée au Premier ministre Jean Castex, Henri Giscard d’Estaing, PDG du Club Med, lui demande de rouvrir les stations de ski pour les vacances de février. Une question de « survie » pour la montagne française.

Et si le patron du Club Med faisait plier Jean Castex ! 1
Le Premier ministre Jean Castex et Henri Giscard d’Estaing, PDG du Club Med.

Les professionnels de la montagne ne capitulent pas. Ce n’est pas dans leur mentalité. Alors qu’une décision doit être prise par le gouvernement mercredi prochain sur la réouverture des stations de ski en vue des vacances de février (entre le 6 février et le 8 mars pour les trois zones), les demandes se font de plus en plus insistantes pour sauver la montagne française. Rappelons notamment que le Cluster Montagne et l’Afmont, qui regroupent les entreprises fournissant des matériels et services pour l’aménagement de la montagne, travaillent sur un plan de relance et se battent pour ne pas être les oubliés des désastres causés par l’épidémie et les décisions gouvernementales.

Dans cette litanie d’appels au secours visant à préserver une période – les vacances de février – qui pèse jusqu’à 50% de l’activité des stations, Henri Giscard d’Estaing, PDG du Club Med, s’est à son tour manifesté pour exprimer sa détresse. Dans une lettre ouverte adressée à Jean Castex, il lui demande ni plus ni moins de « sauver la Montagne française ».

Henri Giscard d’Estaing prend d’ailleurs le soin d’écrire montagne avec un M majuscule tant cet « écosystème créatif », explique-t-il, génère « des dizaines de milliers d’emplois directs, des moniteurs de ski aux employés des remontées mécaniques, et encore plus d’emplois indirects, du bâtiment aux équipements et aux commerces liés aux sports de glisse ».

« Un écosystème qui a redonné vie à des territoires désertés »

A l’image de la Compagnie des Alpes, de l’Ecole du Ski Français, de Pierre & Vacances, de Poma ou de Rossignol, le Club Med, 14 resorts à la montagne dont le dernier à La Rosière dans les Alpes du Nord, a « redonné vie à des territoires désertés par l’exode rural et la dernière révolution industrielle ». Tout un écosystème qui a su aussi « faire résonner la Marseillaise aux Jeux Olympiques d’Hiver, grâce aux exploits sportifs de ses champions » rappelle Henri Giscard d’Estaing.  

Alors que le secteur de la montagne ne demande qu’à vivre et travailler dans le respect des gestes barrières, le PDG du Club Med indique à Jean Castex que le 20 janvier, le gouvernement « ne décidera pas seulement des vacances d’hiver de nos concitoyens » mais il décidera aussi de « la survie de ce remarquable écosystème qui a déjà terriblement souffert des effets de la pandémie, pour le deuxième hiver consécutif ».  Et ce n’est pas la mise en place du chômage partiel ou les aides financières versées pour compenser l’arrêt des remontées mécaniques qui sont de nature à apaiser la colère des professionnels.

Alors Jean Castex saura-t-il entendre le désarroi d’Henri Giscard d’Estaing et de tout un pan de l’économie française, autorisera-t-il ENFIN les Français à faire du ski en février ou va-t-il encore céder aux discours sans cesse alarmistes des membres du Conseil scientifique. Pourquoi ne pourrions-nous pas profiter de l’air pur des montagnes alors que les transports en commun sont autorisés. Interrogé hier dimanche sur Radio J, Alain Griset, ministre délégué aux Petites et moyennes entreprises, esquisse un début de réponse, « le problème n’est pas tellement de faire du ski mais d’éviter le brassage des populations lorsqu’on a fini de skier vers 16h00 ou 16h30 ».  Pour savoir si la montagne française sera sauvée ou sacrifiée, il faut attendre la réponse du Premier ministre ce mercredi.  

David Savary

Rédacteur en chef
Contact: david.savary@sport-et-tourisme.fr

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