Musée olympique de Lausanne : voyage dans l’univers du sport, de l’art et de la culture

Unique en son genre, le musée Olympique de Lausanne constitue la première attraction de la ville. Situé dans un parc de plus de 8 000 m2 faisant face aux Alpes et au lac Léman, le lieu nous (trans)porte au-delà des limites du sport, à travers l’histoire, les défis et la culture de l’olympisme. Une visite à ne surtout pas manquer.

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Il faut monter 97 marches avant de pouvoir rentrer au musée. @ CIO Lydie Nesvadba

Pas besoin d’être un féru de sport et des JO pour venir quai d’Ouchy visiter la première attraction de Lausanne. Car le musée n’est pas celui d’une collection, c’est celui d’une idée : l’olympisme et les valeurs qu’il véhicule. Chaque année, ce sont plus de 320 000 personnes qui viennent apprendre, s’amuser et éveiller leur curiosité sur une histoire qui trouve son origine dans la mythologie grecque. « Avec 15% des visiteurs, la France constitue notre deuxième marché derrière la Suisse et devant la Chine » indique Anne Chevalley, responsable des programmes culturels et éducatifs, qui précise que « l’intérêt des français pour le site va aller grandissant avec la perspective des JO de Paris en 2024 » (du 26 juillet au 11 août 2024).

Beaucoup de visiteurs viennent à Lausanne, capitale olympique, siège du CIO et de nombreuses fédérations sportives, pour visiter spécifiquement ce musée. « C’est une institution, un lieu qu’il faut absolument voir lors d’un séjour dans la région » ajoute même la dirigeante constatant que « les pays qui ont obtenu ou qui obtiennent les Jeux voient leurs ressortissants venir nous voir ».

L’histoire et l’esprit des Jeux, de l’antiquité jusqu’à nos jours

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Communiquant entre les différents niveaux, une rampe hélicoïdale permet au visiteur de s’identifier à la flamme @David Savary

C’est au baron Pierre de Coubertin, président du CIO de 1896 à 1925 et fondateur des Jeux Olympiques modernes, que l’on doit l’origine de ce musée. Si son projet n’a pu voir le jour, l’idée a été reprise des décennies plus tard par l’espagnol Juan Antonio Samaranch qui présidait l’institution. Inauguré en 1993, le musée Olympique de Lausanne a été rénové et modernisé en 2013 sous l’impulsion de Jacques Rogge, alors président de l’organisation internationale.

Le parcours muséal débute dans le parc attenant d’environ 8 000 m2. Celui-ci est jalonné de jolis jardins et de sculptures (Niki de Saint Phalle, Fernando Botero, Antoni Tapies, Alexander Calder…). Diverses installations permettent aussi aux visiteurs d’évaluer leur capacité sportive. En visualisant par exemple la barre du record du monde du saut à la perche (6,16 m en 2014 par le français Renaud Lavillenie, battu en début d’année par le suédois Armand Duplantis avec un saut à 6,18 m). Ou encore, grâce à un jeu de faisceaux lumineux, de se mesurer au record sur 100 mètres du sprinteur jamaïcain Usain Bolt. Il va effectivement très vite.

Le musée proprement dit se répartit sur trois niveaux à travers trois grandes thématiques : le monde olympique (genèse des JO…), les Jeux olympiques (évolution des compétitions, innovations technologiques, objets, images et histoires de champions), et l’esprit olympique (le village olympique, état d’esprit des athlètes, actions du CIO…). Les trois espaces sont reliés entre eux par une rampe hélicoïdale, « la welcome spine »  imaginée pour que le visiteur s’identifie au porteur de la flamme. L’espace dédié aux 50 torches qui ont transporté la flamme olympique depuis les JO de 1936 à Berlin est d’ailleurs le préféré des visiteurs. Des audio-guides sont à disposition et facilitent la compréhension du parcours.

Un marathon d’émotions

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Le lieu préféré des visiteurs est l’espaces dédié aux torches, il y en a très exactement 50. @Musée Olympique.

Dans ce sanctuaire de quelque 3 000 m2 où l’on prend vraiment plaisir à s’attarder, des dizaines d’écrans permettent de (re)voir les grandes heures de l’olympisme. Une mention spéciale pour « Au cœur de la course », un film de 6 minutes qui met en images les émotions engendrées par la compétition. On est tout de suite pris dedans. En outre, 1 500 objets sont exposés. Si les tenues vestimentaires sont savamment mises en valeur, le rayon chaussures est très bien achalandé. On y trouve pêle-mêle les pointes de Jesse Owens (Berlin, 1936), Dick Fosbury (Mexico, 1968), Michael Johnson (Atlanta, 1996)… Le maillot porté par Usain Bolt lors de la finale du 200 m aux JO de Pékin en 2008 est un des plus photographiés. Les sports d’hiver ne sont pas oubliés, ce qui permet d’apprécier l’évolution du matériel au cours du temps, les skis notamment. Ce qui est formidable aussi, c’est que l’on peut quasiment toucher du doigt tous ces objets. Ils ne sont pas présentés derrière des vitrines avec un système d’alarme. « C’est un parti-pris muséographique. Nous avons voulu créer de la proximité avec le visiteur. Cela nécessite une surveillance accrue mais les dommages sont insignifiants » résume Anne Chevalley.

Pour la responsable des programmes culturels et éducatifs, le musée Olympique de Lausanne « ne parle pas seulement du passé, mais également du présent et de l’avenir. C’est une institution vivante qui doit évoluer sans cesse ». Si  1 500 objets sont actuellement exposés, plus de 70 000 sont stockés dans des dépôts sur le site d’Ouchy et à l’extérieur de la ville. « Nous aimerions donner plus de visibilité à ce patrimoine là. Nous réfléchissons sans cesse pour faire tourner ces collections, en créant par exemple davantage de thématiques » poursuit Anne Chevalley.

Expo « sport et manga » avant Tokyo, « sur les sports urbains » avant Paris

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Sans la barrière d’une vitrine, on peut très facilement photographier les objets. @David Savary

Une des axes privilégiés par le musée est le développement du digital. L’objectif étant de multiplier les expériences interactives et immersives grâce à des équipements ultras modernes. S’il est possible de revivre les cérémonies d’ouverture et de clôture des Jeux grâce aux dernières innovations audiovisuelles, le visiteur peut par ailleurs, grâce à des exercices interactifs, tester son équilibre au curling, sa dextérité au tir ou suivre un entrainement mental. « Et pour ceux qui ne peuvent pas venir à Lausanne, nous proposons une expérience en ligne afin qu’ils puissent découvrir nos différentes expositions » complète Anne Chevalley.

Une exposition permanente, mais aussi des expositions temporaires. Ces dernières ont pour vocation de mieux comprendre les relations entre la culture olympique et le monde qui l’entoure. En mars prochain, le musée Olympique va lancer son programme d’exposition sur Tokyo (les JO ont été reportés du 23 juillet au 8 août 2021). « A travers une exposition temporaire, nous allons aussi aborder la thématique du manga et du sport » souligne Anne Chevalley précisant que « la culture manga influence beaucoup la société japonaise ».

Le musée Olympique de Lausanne se tourne également déjà vers Paris. Au printemps 2022, une exposition sera consacrée aux sports urbains. « Le break dance va faire son apparition aux JO de Paris. A Tokyo, le skateboard, le BMX, l’escalade, et le basket 3X3 seront disciplines olympiques. Il est intéressant d’observer comment ces nouveaux sports s’intègrent dans leur environnement et l’impact qu’ils peuvent avoir sur les jeunes » commente Anne Chevalley.

Retour progressif des touristes

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Le corner neige est particulièrement fourni et coloré. @David Savary

La dirigeante se félicite par ailleurs du retour progressif des touristes. « Nous avons rouvert le 9 juin. Ce n’est pas encore ça mais les visiteurs reviennent petit à petit. Le week-end dernier (4 et 5 juillet), nous avons reçu 600 personnes. C’est encourageant ». Fermé durant presque trois mois, le musée en a profité pour « travailler son expérience visiteur » en définissant un nouveau parcours de visite qui respecte les règles sanitaires imposées par le Covid-19. C’est aussi cela le futur des musées.

Le musée Olympique est bien plus qu’un musée. C’est un lieu incontournable de Lausanne où l’on peut se promener dans un écrin de verdure reliant naturellement la ville au lac avec en toile de fond la chaine des Alpes. Pour profiter de ce panorama grandiose, le mieux est de ponctuer sa visite par un verre au Tom Café. Située au 3ème étage du bâtiment, sa terrasse extérieure offre une vue imprenable sur un paysage de carte postale.  

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Depuis la terrasse panoramique, vue plongeante sur le lac Léman. @David Savary

Le musée en chiffres :

  • 3 000 m2 d’exposition permanente.
  • 5 000 photos.
  • 1 500 objets.
  • 7 heures de documents audiovisuels.
  • 50 écrans interactifs.
  • 150 dispositifs audiovisuels.
  • 390 interviews filmées d’athlètes racontant leur histoire.
  • 300 visites guidées adultes par an.
  • Dans le parc de 8 000 m2, plus de 40 œuvres d’art et installations sportives.

Informations pratiques :

  • Adresse : 1 Quai d’Ouchy à Lausanne.
  • Horaires d’ouverture : de 09h00 à 18h00 jusqu’au 31 octobre (fermé les lundis), et de 10h00 à 18h00 du 1er novembre au 31 décembre 2020 (fermé les lundis).
  • Prix d’entrée : 18 CHF, soit environ 17 euros par adulte. 5 CHF en plus pour un audio guide.
  • Davantage de renseignements ici.

David Savary

Rédacteur en chef
Contact: david.savary@sport-et-tourisme.fr

David Savary
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