Plan massif d’équipements sportifs en France : de la poudre aux yeux ?

Après l’annonce d’Emmanuel Macron de « créer un vaste plan d’équipements à l’horizon des Jeux de 2024 » avec la construction de « 5 000 terrains de sport », le syndicat national de l’éducation physique (SNEP) évoque quant à lui « de la poudre aux yeux et du gaspillage ».

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5 000 équipements sportifs doivent être construits d’ici 2024, pour le syndicat SNEP FSU, il s’agit de « ripolinage à bas prix ».

« La proximité d’un équipement sportif n’est pas gage de service rendu. Il faut des équipements fonctionnels, de qualité et permettant une pratique pour toutes et tous. Et cela passe en premier lieu par l’école ». Voilà la réponse par voie de communiqué du syndicat SNEP affilié à la Fédération syndicale unitaire (FSU) pour qui ces équipements doivent être « fonctionnels, de qualité et permettant une pratique pour toutes et tous. Et cela passe en premier lieu par l’école ».

Rappelons que le plan gouvernemental vise à construire 5 000 nouveaux terrains de sport en France d’ici 2024 pour un budget de 200 millions d’euros auquel s’ajouteront 50 millions supplémentaires pour la rénovation thermique du bâti sportif. « L’accès au sport est un droit. Ce programme facilitera la rencontre de tous les Français avec la pratique sportive et ses bénéfices, dans les quartiers comme les territoires ruraux ou ceux qui étaient, jusqu’ici en pénurie d’équipements. Son déploiement sera rapide » a expliqué Roxana Maracineanu, ministre déléguée chargée des Sports.

« Du mépris pour les acteurs que nous sommes »

Ainsi 1 000 dojos et salles d’arts martiaux ou de boxe, 1 000 plateaux multisports, 500 terrains de basket et autant de padel ou encore 200 bassins mobiles pour apprendre à nager aux tout petits, vont éclore dès 2022 dans les quartiers, zones rurales ou carencées de l’hexagone et des territoires ultramarins. Le SNEP FSU rappelle qu’en 2009, la Cour des Comptes a fixé à 21 milliards d’euros la somme nécessaire pour réhabiliter le parc français d’équipements sportifs et pour construire de nouvelles infrastructures. Le syndicat se demande donc ce « que vaut cette annonce de 250 ME pour 5 000 équipements de proximité sans espace suffisant pour permettre une pratique diversifiée (scolaire, associative, compétitive…), si ce n’est un ripolinage à bas prix ?  ». « Cela ne représente plus que 40 000 euros par équipement envisagé quand un gymnase en coûte au moins 2 millions (hors foncier) » ajoute le SNEP FSU.

Dans le cadre du plan gouvernemental, les collectivités territoriales et les associations sportives (fédérations, ligues, comités clubs) pourront proposer des projets de construction d’équipements que l’Etat financera a minima à 50%, et jusqu’à 80% maximum du montant subventionnable. En Outre-mer, l’Etat pourra soutenir jusqu’à 100% du coût. « Ce plan massif aurait vocation à donner un coup d’accélérateur pour le développement du sport à l’école, du sport amateur, du sport professionnel et pour avoir des médaillés aux JOP de 2024, mais il n’en est rien » rétorque le syndicat qui y voit « un réel mépris pour les acteurs du sport que nous sommes, de voir la question des équipements sportifs traitée de la sorte ».

Selon le SNEP FSU qui se dit disponible auprès du gouvernement, « il faut construire en urgence 1 000 piscines et des milliers de salles, de stades et gymnases éco-responsables d’ici 2024 si possible au sein des collèges et des lycées ou à proximité immédiate ».

David Savary

Rédacteur en chef
Contact: david.savary@sport-et-tourisme.fr

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